Paris

Publié le 17 juin 2021 | par Labo Des Histoires

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Écrire les rues

Mercredi 9 juin après-midi se terminait un cycle de trois ateliers sur le thème de la rue, suivi par une poignée d’adolescent·es prêt·es à tout. Des ruelles parisiennes jusqu’aux portes du Paradis, des pavés de la révolution jusqu’aux chemins laissés en jachère, c’était une étrange cartographie qui s’inventait sur de larges feuilles aussi jaunes que les cartes aux trésors, à grands coups de marqueurs ; des sirènes malaimées flottaient d’ailleurs dans les coins. Marie Willaime, notre guide dans cette aventure, n’avait peur de rien – et nous non plus. Les rires allaient bon train, et les mots coulaient plus vite que la sueur.

On entama ce dernier atelier avec l’écriture de haïkus, à l’aide d’un réservoir de mots et d’ambiances constitué la fois précédente. Les sons et étaient à l’honneur ; embrasse rimait avec enlace, et Amélia se régalait de pita pendant que la végétation envahissait tout. Il n’était pas question de respecter le sacro-saint rythme en 5-7-5 ; ici, les pieds étaient faits pour avancer, et non pour rester figés. Entre deux lectures de haïkus, Marie nous apprit que cette forme était loin de se résumer à de courts vers contemplatifs sur la nature. Il existe des haïkus humoristiques et, aussi surprenant que cela puisse paraître, des onomatopées comme « ploc » sont déjà présentes dans certains poèmes vieux de plusieurs siècles.

Pour finir ce premier temps poético-comique entre la rue Turbigo et le Père Lachaise, on se mit en binômes pour faire fusionner nos haïkus : résultats garantis.

On investit ensuite la bibliothèque, à la recherche de personnages au fort caractère. Jean-A, le héros surdoué de Jean-Philippe Arrou-Vignod, allait côtoyer Ashton, du roman Une fille cache l’autre, mais aussi un meurtrier tout droit sorti d’un manga, un père qui se déguise en femme de ménage (aurez-vous reconnu l’intrigue du livre d’Anne Fine ?), ou encore les anges de l’Apocalypse. Ils ne le savaient pas encore, mais tous seraient transformés en rues, des rues qui leur ressemblent, sombres, malodorantes ou explosives, parfois peuplées de poissons volants, et où le goudron laisse place aux pavés sans prévenir. L’atelier se termina sur un temps de lecture debout, à voix haute, et tout le monde voulait commencer.

Que retiendra-t-on de cette folle expédition ? Que la rue, merveilleux laboratoire pour qui veut s’y frotter, demande à être réinventée, et que les jeunes ne sont pas en manque d’idées.


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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