Masterclass

Publié le 2 juillet 2013 | par Baptiste Pépin

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Samedi 22 juin, rencontre avec Benjamin Lacombe : vos contes originaux.

Rendez-vous était donné le samedi 22 juin dernier place du Commerce, dans le cadre de la deuxième édition de « Allez les enfants, on lit », avec Benjamin Lacombe. L’auteur de Cerise Griotte et illustrateur de Blanche Neige notamment, s’est prêté au jeu de la discussion et des questions avec l’animateur de cette master class Fred Ricou et la vingtaine de participants. Avant la séance de dédicaces personnalisées, chaque participant avait pour mission d’écrire une histoire sur la base d’une des illustrations de Benjamin Lacombe, tout en devant intégrer quelques éléments piochés au hasard parmi des cartes mystères. Petit aperçu des contes imaginés. 

Illus

 

+ Virginie, 31 ans

Cela fait maintenant plusieurs décennie que je vends des boules de riz sur le marché de Nagoya. Ce sacerre d’os était au départ pour moi un plaisir, il me permettait d’apporter de la richesse à mon foyer. Les commerçants itinérants étaient devenus des compagnons de vie. Il y avait le vendeur de bois qui apportait la chaleur et la sérénité au cœur des maisons. Le marchand de kimono déambulait dans les allées, ces tissus étaient des plus raffinés et les geishas en raffolaient. Ce jour là, le crépuscule tombait et la lune était à son premier croissant. Les femmes des notables étaient sorties faire leur marché, malgré les cochons chinois qui courraient dans la boue. Moi, j’étais là à vendre mes onigiri faite par ma fille. Avant c’était ma tendre Yakino qui s’en chargeait. Tous les matins au lever du jour avant même que les oiseaux chantent et que notre perroquet ne récite l’alphabet, elle était là avec son tablier à faire cuire le riz, puis à la faire égoutter puis à le malaxer pour les transformer en bouchées délicieuses triangulaires, elle les drappaient d’une feuille d’algue fraichement péché. Je la couvrais des yeux tendrement ce souvenir me maintenait sur le marché de Nagoya. Ces Onigiri, c’était elle, la recette qu’elle avait transmise avant de fermer les yeux pour l’éternité. C’était comme transmettre une partie de son amour et de sa générosité à mes clients. Parce que Yakino était comme ça. Jusqu’à la fin elle avait été optimiste et souriante. Même si je déambulais désormais comme une âme en peine sans elle. Ses yeux rieurs qui me reflétait comme un être meilleur. Un peu comme ce couple qui s’enlacent au milieu du marché, surement une mère et sa fille se disait au revoir. Ce premier regard nait généralement dans les yeux d’une mère. Elle nous voit souvent comme la huitième merveille du monde et comme le plus beau des enfants. Cette jeune fille devait s’apprêter à faire un long voyage, elle avait quelques bagages et un carosse tracté porté par deux hommes l’attendait. Qui était cet homme un peu plus en retrait, il portait sur elle un regard rendre et à la fois fier. Mais une pointe de tristesse et d’inquiétude se lisait sur son visage. Il la laissait partir pour qu’elle fasse ses propres choix, qu’elle est sa propre vie, qu’elle trouvée son propre chemin. Comme j’allais devoir faire avec ma fille, je ne pouvais pas la laisser reprendre le rôle de sa mère, il fallait que je la laisse voler de ses propres ailes, quitte à rester seul. C’est dans l’ordre des choses, les enfants doivent quitter le nid comme le fait cette elle jeune fille.
+ Naika et Morgane, 11 et 28 ans

Aujourd’hui, j’ai de la chance, il fait froid. Une bonne excuse pour porter mon châle et dissimuler mon visage. Le soleil gelé de ce matin m’aveugle, je suis protégée par mon ombrelle. Aujourd’hui, je rencontre Yumi, la neige : une geisha au visage de porcelaine la baguette plantée dans ses cheveux teints. Fondues dans la foule comme un fromage dans un bol de riz, nous tramons le plus grand complot de l’ère meiji. Nous allons kidnapper la princesse Sakuya, simuler sa mort pour lui permettre de fuir sa condamnation à mort. Nous passons devant elle, sans la regarder pour ne pas nous trahir, elle sert la servante dans ses bras avant d’être amenée par les chiens du shogun. Silence. Les gardes sont menaçants. Il faudra attendre plus tard pour agir.
+ Jolittle et Aude, 29 ans

Nous sommes un couple de cochons noirs avec notre petit. Nous étions enfermés ans une cage afin d’être vendu aux humains. Nous étions peu nourris et maltraités, dans le noir pour rester des cochons noirs. On nous nourrissait de radis noir. Un potentiel acheteur a pris une photo de nous et nous a ébloui avec son flash. Nous avons alors fait beaucoup de bruit et nous sommes agités de la cage. Elle s’est alors renversée et la porte s’est ouverture dans le choc. Ainsi nous avons pu nous échappés en zigzagant entre les charrettes, les vendeurs de tissus et les jambes des passants. Apeurés mais avec ce sentiment de liberté, nous avons parcouru une centaine de mètres puis nous nous sommes retournés pour voir si notre petit suivait mais nous ne voyons que des jambes et d’immences humains. Nous sommes très inquiets mais n’avons pas le choix que de continuer notre route pour ne pasêtre rattraper par le vendeur. D’ailleurs, si vous le voyez, il porte un kimono rouge à pois blancs. Et vous croisez la rouge d’un petit cochon noir avec une queue en tire-bouchon, c’est notre petit.
+ Lydia, 25 ans

Je m’appelle Mme Mime je suis marchande sur le marché de mon village mais j’ai une autre particularité, je suis une sorcière !«  Bien que je vis ici depuis ma naissance, personne ne me connaît réellement et ne sait qui je suis. Mais je suis décidée à changer ça… Je veux dominer le monde, pour que le monde entier s’interesse à moi, à moi et rien qu’à moi !!!! Et pour ça, je vais ensorceler des téléphones portables afin que leurs ondes puisse hypnotiser tous les utilisateurs et les manipuler comme je le souhaite. Rien de tel que la nouvelle technologie pour assouvir ma soif de vengeance. Mouahahahahaha !
+ Kevin, 24 ans

Je ne suis plus qu’un corps au milieu d’une foule, et la sensation de porter mes larmes sur mes épaules. Ne pas trébucher, ne pas trébucher, ne pas tomber ni même faire un pas de travers. Rien ne doit m’empêcher d’atteindre le bout de la place et donner ces paniers traissés de mes mains lorsque Ishigo-San était enfant. Un temps lointain me semble-t-il aussi loin que ce qu’il est devenu aujourd’hui. Puis être au bout de la place et vendre ces œufs de larmes – mes larmes – et prendre du bout de mes doigts rougis de labeur et de fatigue les quelques pièces qu’on m’octroiera pour ce menu travail. Et enfin sécher mes larmes, paraitre forte et lisser mes traits. Que pensent tous ces gens autour de moi, où vont-ils, qu’attendant-ils de leurs vies, ont-ils des enfants ? Comme moi, vont-ils voir leur fils une dernière fois ? Ce fils tant voulu et tant aimé qui cette nuit a subtilisé un sabre à son geôlier et se l’est planté dans le cœur. Le corps de mon fils et son souvenir pèse sur mes épaules. Un dernier moment à se tenir droite, voir son corps blanchi par la fâcheuse. Prier mes mains liées aux siennes à la rivière, m’y plonger comme pour me purifier jusqu’à ce que mon souffle s’éteigne.
+ François-Xavier, 9 ans

Mayaa est allée rendre visite à son amie Ayumi. Elle lui demande pour quoi ils sont tristes. Mayaa lui dit qu’elle vient d’Afrique du Nord et que dans son pays la bas ils sont les n°1 guérrisseur meilleurs du monde. Alors on peut chasser sans se faire TUER. [Dessin – Les combats entre homme et ours] En Afrique, pendant les combat contre animaux et humains le plus courageux reçoit le masque du chef. Le chef explique comment il marche, il lui dit que sa fonctionne comme un vrai masque sauf que sa protège. [Dessin – succession du masque Sauvée par le masque.]
+ Rose, 11 ans

Je m’appelle Yuke. On dit de moi que je suis hargneux, incompréhensif et négatif. Pourtant je suis sûre qu’ils exagèrent. Mais ils ont raison sur un point : je suis malheureux à cause de ma fille défunte. Le pire c’est que je ne l’ai jamais regardé dans les yeux. Dans le temps, j’étais un riche marchand, libre. Quand ma femme m’écrit dans une lettre accompagnée d’un enfant, qu’elle est enceinte et qu’elle ne pouvait garder l’enfant, j’avais l’impression qu’un boulet était tombé sur son dos. En plus c’était une fille ! Maintenant elle est morte… Je me suis jamais douté que ma fille avait une passion la musique. J’entendais parfois ma fille chantonner dans sa chambre, et alors je lui demandais de me faire un thé. Le dimanche elle disparaissait, un inventeur vivant au marché m’informe qu’elle roucoulait avec un homme. Fou de rage, je claquai ma fille avec violence, et elle ne se réveilla pas. Me voilà en train de réfléchir si j’avais eu raison. Quand soudain, une vieille dame m’appelle et dit : Qu’elle est mignonne votre fille à chanter au bord de la fontaine à vous complimenter tout les dimanches. Alors fou de culpabilité, j’allai pleurer à la fontaine et mes larmes touchèrent la surface de l’eau et je crus entendre sa fille chanter : « j’aime mon papa. »
+ Sabrina et Ouaïda, 23 et 31 ans

Le jour le plus redouté pointa son nez. C’était un matin d’été pas comme les autres, et faisait froid et humide. Le soleil brillait faiblement et une brise fraiche rafraichissait l’atmosphère. Ca y est, j’y étais au milieu du chaos. Les odeurs, les monstres, le bruit se succédait autour de moi : « la place du marché ». Quel peut être le pire cauchemar d’un cochon fraichement engraissé ? La perspective de la fin d’une vie à peine consommée. Marcus, Flo et moi étions résignés, le maitre allait nous vendre. Aucune solution, échappatoire n’était envisageable. Mais, la vie réserve parfois quelques surprises. Cette surprise c’est la bouteille de la liberté… Notre bourreau déchargeait nos cages lorsqu’il découvrit au fond du chariot » la bouteille et la roula le long du plancher à ses pieds. Le maitre surprit la saisie elle contenait une lettre absorbé par ce qu’elle contenait, il ne prêta plus attention à nous. La cage entrouverte nous permetta de fuir. Chose que je n’avais jamais envisagé au milieu de ces voleurs de vie. Tout bascula. Les géants gravitaient autour de moi, les bruits, les obstacles. Je ne savais plus où aller la paralysie s’empara de mon être. Les minutes défilaient et je ne bougeais pas. Je leva les yeux, mes frères étaient déjà loin. Quand soudain « Bam ».

 

 

 

 

 

 

 

 


A propos

Chargé des projets éditoriaux et de communication au Labo des histoires. Mission : poursuivre l’excellent travail fait jusqu’ici et participer à l’évolution du Labo. En bref : un Jack Kerouac raté. A côté : journaliste musique/culture, organisateur d’événements culturels.



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