Provence-Alpes-Cote d'Azur

Publié le 4 février 2020 | par Labo Des Histoires

0

Portrait d’intervenante : Nathalie RIERA

Nous sommes très heureux de vous présenter l’auteure Nathalie Riera avec laquelle nous avons le plaisir de collaborer depuis peu !

Nathalie Riera vit en Provence.

Depuis 2008, elle dirige une revue numérique bien connue : Les Carnets d’Eucharis. Mais qui est celle qui fédère les artistes et leur donne la parole avec passion depuis plus de 40 numéros ? La voici qui se présente…

« Une naissance dans le Nord, mais toute une enfance et une préadolescence passée dans la dite première ville à l’ouest de la Côte d’Azur, la vie urbaine entre mer et montagnes, Toulon et sa grande rade d’un côté, puis d’Ouest en Est : le Baou des Quatre Oures, les monts Caume, Faron (célèbre pour son zoo et son téléphérique) et Coudon. Une ville laisse toujours des traces. De son centre, le souvenir de la Place de la Liberté avec son Cinéma Gaumont (aujourd’hui remplacé par le Théâtre Liberté), sa bibliothèque historique accolée au Musée d’Art, entre la Place de la Liberté et le jardin Alexandre 1er. J’entends encore le craquèlement du bois sous mes pieds, je revois tous ces livres rangés sur plusieurs niveaux et ces étroites coursives. Je lis qu’elle a été inaugurée en 1888, que son plancher est encore d’origine (XIXème siècle). Je m’y rendais souvent, le plus souvent possible. J’aimais la solennité de ce lieu, j’en étais même intriguée, tous ces gens assis autour d’une grande table, concentrés sur leur lecture… De Bon-Rencontre, en passant par Pont du Las, à pied, le plus souvent, ou en bus, jusqu’au cœur de la ville, je me souviens de ce même itinéraire, iterum in infinitum. Descendre jusqu’à la basse-ville, au sud du Boulevard de Strasbourg. Des noms de lieux ancrés comme le cours Lafayette, la rue d’Alger, la Place d’Armes, le Stade Mayol… J’aime apprendre que la racine tol-on (de Toulon) signifierait « source, fontaine ».

L’école élémentaire Malbousquet avec sa longue avenue étroite bordée d’arbres, à quelques mètres du domicile familial. L’enseignement secondaire au Collège Pierre Puget, rue Félix Mayol : me reviennent les premières cigarettes refusées, l’apprentissage du latin, la jeune professeure de musique qui nous jouait des compositions savantes au piano, le hand ball, et puis ce professeur de français aux cheveux noirs, le visage hâve et maigre, l’œil coupant, qui me fera découvrir Baudelaire et ses terriblesFleurs du mal.

Née d’un père originaire d’Afrique du Nord et d’une mère originaire des Hauts-de-France, j’aurais la chance de ne pas être enfant unique, avoir eu un frère comme ami, l’inoubliable frérot, trop tôt disparu, qui m’initiait au football, au skateboard et au jeu de billes. Toute notre enfance passée aux hlm Missiessy, avenue des Fusiliers marins. C’est à cette époque, avant de rejoindre l’arrière-pays varois et sa capitale de l’Artillerie, que je vais confectionner mes premiers cahiers de collages (des portraits d’acteurs et d’actrices de cinéma), puis mes premières coupures de presse (les faits divers et les enquêtes). Les cahiers de poèmes viendront plus tard, à l’âge ingrat, souvent plus inspirée par la chanson que par la poésie elle-même. En dehors du programme scolaire, je ne savais encore rien des poètes légendaires et des figures illustres de la littérature. Très vite les premiers pas dans la vie active (à 19 ans), je n’irai pas au-delà de l’enseignement supérieur, malgré ce goût prononcé pour le journalisme (j’hésitais entre chroniqueuse de cinéma ou reporter de guerre). De petits jobs en petits jobs, ici et là, jusqu’à mes premiers pas dans le milieu carcéral au milieu des années 1990. Ce ne sera plus un job, dans le sens d’un gagne-pain, mais un travail, qui va exiger une certaine expérience. Des projets ministériels entre la Justice et la Culture (projets de faire circuler l’art dans l’espace carcéral et d’embaucher des intervenants culturels) seront en quelque sorte une chance, et entre autres aubaines, celle de m’avoir permis d’animer des ateliers de théâtre. J’ai commencé au quartier majeur du Centre Pénitentiaire de Draguignan, puis prolongé l’expérience au quartier mineur de la Maison d’arrêt de Grasse. Les interventions au CP seront ponctuelles, avec pour objectif le montage de spectacles, à raison de trois représentations devant un public de détenus, de travailleurs sociaux, d’employés pénitentiaires et de professionnels de la Justice. Depuis 2010, j’ai choisi d’orienter mes ateliers vers les pratiques de lecture et d’écriture à la Maison d’arrêt de Aix-Luynes, puis depuis 2018 à la Maison d’arrêt de Draguignan. Un premier livre, un essai sur cette expérience unique, avec La parole derrière les verrous (L’Amandier, 2007). »

Bibliographie :

-Poésie-

Crédit photo : Claude Brunet. Places des Herbes, Vérone, Italie (Août 2015).


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 
Back to Top ↑
  • Facebook

  • Twitter Twitter

    • Labo des histoiresNouvel appel à textes! Vous connaissez le portrait chinois, le célèbre jeu littéraire ? On vous propose, jusqu’au… ,
    • Labo des histoiresRT : Un sommaire très riche, en dépit des circonstances, pour le n° de mars de L'envolée. Avec, entre autres, itw de Mme… ,
    • Labo des histoiresRT : "Ecrire en temps de confinement" : lancement d'un concours littéraire destiné aux élèves de la sixième à la termina… ,
  • Soundcloud