Grand Est

Publié le 14 février 2018 | par Labo Des Histoires

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Portrait d’intervenante: Amélie Armao

Amélie Armao, conteuse collecteuse et silencieuse, metteure en scène du bitume, chercheuse de trésors invisibles, se raconte en une prose unique qui est la sienne.

Quand on lui demande qui elle est, elle commence par nous dire ce qu’elle aime : « le rien, le vide, l’attente, l’ennui. C’est là que tout peut advenir. J’aime l’imprévu, le décalage. C’est dans la perplexité que peut naître le regard éclairé qui nous amène à nous dé-caler. »
Son ambition ? « La quête perpétuelle de l’émerveillement, qu’il surgisse d’une forme dans les nuages, d’une ride sur le visage d’une veille femme ou d’un cri de révolte. »

Passée par le Théâtre du Mouvement, l’Université Paris 8, la Maison du Conte à Chevilly-Larue, ce sont deux rencontres importantes qui ont changé son parcours,  pour ne pas dire  » [son] regard sur le monde » : le poète conteur Youssef Haddad à l’Université Paris 8 et le conteur Didier Kowarsky qui l’accompagne dans ses pérégrinations scéniques.

L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, roman écrit par Miguel de Cervantes et publié en 1605 et 1615, critique des structures sociales de l’époque, est le livre préférée d’Amélie. Profondément humaine, ce choix n’est pas si surprenant pour une femme qui muscle son imaginaire en écoutant, et qui se laisse traverser par les bruits, les odeurs, les pensées, les regards, les images… sans rien filtrer.

« Rythme, rature, rêverie » sont les trois mots qui lui viennent à l’esprit pour expliquer ce qu’il se passe en elle lorsqu’elle écrit.

Intervenante au Labo des histoires depuis plusieurs années, elle nous raconte un de ses souvenirs d’ateliers :

« Il y a souvent les mêmes questions en début d’atelier :

– Ah bon, on peut écrire ce qu’on veut ? 

Je réponds toujours la même chose : oui.

– Tout ?
– Oui.
– Vraiment tout ?
– Oui. 

Quelques rires et une porte s’ouvre. Tout à coup, en trois mots.

Est-ce qu’on peut écrire si on fait des fautes ? Est-ce qu’on peut écrire si on est en France seulement depuis quelques mois ? Est-ce qu’on peut écrire si on n’a pas d’imagination ?

Je finis par ne plus répondre aux questions… c’est oui.

Les deux heures passent vite.

« C’est déjà fini ? »

Il ne me reste qu’à leur laisser entrevoir, que ce n’est pas fini, non, justement, que ce n’est peut-être que le début. »

C’est ce qu’elle aime le plus dans ces projets avec des jeunes, « qu’on se marre. Qu’on bouscule les limites, qu’on casse les murs. Qu’on rêve un peu qu’il est possible d’atteindre cette « inaccessible étoile » »

Amélie Armao est sans aucun doute une artiste accomplie, qui ne cesse de travailler sur différents projets. Si nous devions présentées deux de ses dernières créations, ce serait Nycthémère et Juste une trace. La première est un récit sur l’errance d’un jeune garçon, à Paris, la nuit. Entre réalité et rêverie, au gré des rencontres, il construit un voyage initiatique (avec Nicolas Côme, musicien).
La seconde, traite des dernières femmes qui ont lavé leur linge dans les lavoirs et qui vont bientôt disparaître, emportant avec elles leur savoir. Le spectacle est raconté dans les lavoirs, à la tombée de la nuit. Il mêle collectages, contes et anecdotes. Ce spectacle a été joué et créé en 2017 : la tournée continue dans les lavoirs des Vosges entre avril et septembre 2018.

Vous pouvez suivre Amélie Armao sur sa page Facebook pro.


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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