Grand Est

Publié le 10 septembre 2020 | par Labo Des Histoires

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Portrait d’intervenant : Paul Couturiau

Souvenez-vous : en juillet dernier, l’auteur messin Paul Couturiau a animé une série d’ateliers à la MJC de Nomeny, dans le cadre de l’Eté Culturel (voir l’article ici). Découvrez son parcours, ses sources d’inspiration et ses conseils d’écriture grâce à notre Portrait d’intervenant du jour!

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Paul Couturiau. Je suis né en 1952, à Bruxelles ; mes grands-parents maternels étaient messins. Je suis écrivain. Je possède une formation en marketing et publicité, mais j’ai quitté ce secteur dès que j’ai eu la possibilité d’intégrer une maison d’édition (les Éditions du Rocher), où j’ai été, successivement, traducteur et conseiller littéraire, directeur de collection et, enfin, directeur de département. Mon premier roman, Boulevard des Ombres, est paru en 1993 et a remporté le Grand Prix de Littérature Policière. Neuf ans plus tard, en 2002, mon roman Le Paravent de Soie Rouge était lauréat du Prix des Maisons de la Presses. Et neuf ans plus tard (encore une fois), mes Silences de Margaret se voyait décerner le Prix Roman 2011 des Conseils Généraux de Lorraine.

Quel est votre livre préféré, et pourquoi ?

La Puissance et la Gloire, de Graham Greene. Pourquoi ? D’abord, parce que je suis un inconditionnel de Graham Greene ; ensuite, parce que ce roman laisse apparaître que la puissance n’est pas synonyme de pouvoir et que l’être le plus faible peut faire montre de courage par amour.
Posez-moi la question demain et je vous ferai sans doute une autre réponse car des « livres préférés », j’en ai beaucoup.

Qu’écrivez-vous, qu’aimez-vous écrire, et pourquoi ?

J’écris des romans (policiers, historiques, ‘littéraires’) des biographies, des articles, des scénarios de documentaire, de films… Pourquoi ? Parce que j’aime la diversité ; j’aime que mon écriture me surprenne, me fasse découvrir des univers nouveaux – il me semble que si mon histoire me passionne, elle a des chances de pouvoir passionner les lectrices et lecteurs.

Comment musclez-vous votre imaginaire ?

Pour muscler mon imaginaire, je fais appel à mes lectures, à l’art sous toutes ses formes (peinture, musique…), je suis insatiable de découvertes et de savoir. Mais je ne connais pas de meilleur outil pour muscler l’imagination que les voyages. Aller à la rencontre des lieux et des gens. C’est pour ça que j’ai vécu cinq ans au Vietnam et que j’ai parcouru les États-Unis dans tous les sens.

Trois mots pour expliquer ce qui se passe en vous lorsque vous écrivez / créez :

Liberté ! quand j’écris, j’éprouve un prodigieux sentiment de liberté. Bonheur ! je ne suis pas le genre d’écrivain qui se complaît dans la souffrance, pour qui écrire est une torture… non, je l’avoue, écrire me rend heureux. Engagement ! Même si ce n’est pas mon objectif premier quand je débute un roman, je ne peux pas m’empêcher de faire passer des idées, des « valeurs » qui comptent pour moi : fraternité, respect des différences…

Quand et comment vous êtes-vous découvert une passion pour l’écriture ?

J’avais sept ans quand j’ai su que je serais écrivain. Mon enfance (que j’évoque dans mon roman Ce feu qui me dévore) n’était pas heureuse ; je m’en échappais par la lecture et très vite par l’écriture. À douze ans, mes grands-parents m’ont offert une machine à écrire (oui, on n’en était pas encore à l’ère des ordinateurs et encore moins des tablettes) ; ma grand-mère m’a dit : « De toute façon, toi, tu seras journaliste ! ». Je lui ai répondu : « Non, je serai écrivain ». J’y ai mis du temps, mais j’ai réalisé mon rêve.

Depuis quand et auprès de quel(s) public(s) animez-vous des ateliers d’écriture ?

J’ai surtout animé des ateliers pour jeunes adultes, mais j’aime travailler avec des adolescents car ça me donne l’occasion de leur faire partager ma passion, de les aider à surmonter d’éventuelles réserves, mais aussi de prendre conscience que les écrivains (et les artistes en général) sont des êtres qui ne vivent pas dans un monde à part, qui ne sont pas (pas tous) des habitués des plateaux télé.

Pouvez-vous nous raconter un souvenir d’atelier réalisé avec le Labo des histoires ?

Mon plus beau souvenir : une petite fille avait l’air bien malheureuse, au premier jour ; refermée sur elle-même, elle refusait d’écrire. Elle ne communiquait avec personne. J’ai essayé d’établir une relation de confiance avec elle, sans la contraindre. Trois jours plus tard, spontanément, elle s’est mise à écrire. Même si elle a refusé de partager son texte, le sourire qu’elle m’a offert quand je l’ai félicité me laisse espérer que cet atelier a ouvert des portes en elle.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus, dans le fait de mener des projets auprès des jeunes ?

J’aime les aider à libérer leur créativité. Un garçon m’a confié qu’à l’école, le professeur de français lui reprochait ses « délires » ; ça lui faisait du bien que je l’encourage à laisser libre cours à son imaginaire, sans le brider. Si je parviens à faire en sorte que l’écriture cesse d’être pour eux (au moins pour certains) une corvée, un épouvantail terrifiant, mais devienne un moyen ludique d’exprimer ce qu’ils ont en eux sans même en être conscient, j’ai le sentiment d’avoir fait œuvre utile.

Si vous aviez un conseil à donner à un·e jeune qui n’ose pas se lancer dans l’écriture, quel serait ce conseil ?

Il se résumerait en un mot, disons deux : Ose et persévère.

Quelles sont vos actualités ?

Un documentaire-fiction sur le château de Malbrouck (en Moselle), devrait bientôt être disponible sur les chaînes du Grand Est (viàMoselleTV), ainsi qu’un autre sur les évacués de Moselle en 1939.
Par ailleurs, j’achève un roman, sorte de road novel avec pour toile de fond les mouvements des droits civiques aux États-Unis dans les années 50 et 60. J’y travaille depuis près deux ans, pourtant, il me semble en prise directe avec l’actualité.

Où pouvons-nous vous suivre sur les réseaux sociaux ?

On peut me suivre sur Facebook, que j’utilise à la fois pour garder le lien avec mes amis aux quatre coins du monde (je parle d’amis réels, pas virtuels), pour exprimer de temps à autres l’une ou l’autre idée personnelle ainsi que pour tenir mes lecteurs au courant de mes actualités. Chacun peut me joindre par message privé ; j’ai la politesse de répondre à chacun, d’autant que le métier d’écrivain est une activité essentiellement solitaire et j’aime avoir l’occasion d’échanger avec mes lecteurs que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les salons littéraires ou à l’occasion de rencontres en librairies ou en médiathèques.


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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