Grand Est

Publié le 26 août 2020 | par Labo Des Histoires

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Portrait d’intervenant : Lobo EL

Début août, le rappeur nancéien Labo EL a animé une série d’ateliers à la MJC de Nomeny, dans le cadre de l’Eté Culturel (voir l’article ici). Faites sa rencontre grâce à notre Portrait d’intervenant du jour!

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis Lobo EL, j’ai 26 ans. Je suis diplômé d’histoire ancienne et de psychologie. J’ai travaillé quelques temps en tant que bibliothécaire, et je me consacre désormais aux ateliers d’écriture, d’éloquence et d’initiation à l’improvisation.
Je rappe depuis maintenant dix ans. J’ai fondé un collectif à Nancy avec des amis, qui s’appelle les Gars Du Coin. Nous créons des morceaux de musique, nous organisons des soirées hip-hop, nous faisons se rencontrer des gens partageant une même passion. Je pratique le rap improvisé depuis mes débuts. J’ai participé en 2019 à une compétition appelée « End of the weak », qui met à l’honneur des rappeurs.es qui improvisent dans plus d’une dizaine de pays. J’ai remporté cette compétition à l’échelle nationale et internationale. Je travaille en ce moment sur plusieurs projets musicaux et poétiques avec des acteurs de ma région (Nancy) et d’ailleurs.

Qu’écrivez-vous, qu’aimez-vous écrire, et pourquoi ?

J’écris essentiellement du rap, mais aussi un peu de poésie, ainsi que mes rêves quand je le peux. J’aime écrire du rap, des freestyles, car je me sens libre et aucun moyen ne permet mieux de jongler avec la langue française, tout en y ajoutant mes touches, en la personnalisant. J’aime aussi écrire de la poésie car je suis quelqu’un de contemplatif qui aime mettre des mots sur les émotions et les moments simples.

Comment musclez-vous votre imaginaire ?

Essentiellement en lisant des romans ou des recueils de poésie. J’écoute beaucoup de musique et découvre des approches d’écriture qui ne me sont pas familières. Enfin, je pratique l’improvisation-rap quotidiennement, tel un sport pour tenter chaque jour de m’améliorer et de m’approprier encore plus la langue et la musique.

Pouvez-vous nous donner trois mots pour expliquer ce qui se passe en vous lorsque vous écrivez ?

Spontanéité / adrénaline / réconfort

Quand et comment vous êtes-vous découvert une passion pour l’écriture ?

J’ai écrit pour la première fois en revenant un jour du lycée. Je me suis tout de suite pris au jeu. Je suis issu d’une famille où les livres ont une place prépondérante, mon grand-père est écrivain, ma grand-mère documentaliste. Cela s’est fait de manière très naturelle. J’ai le souvenir au lycée d’avoir toujours apprécié les dissertations libres qui me laissaient un large champ d’expression.

Depuis quand et auprès de quel(s) public(s) animez-vous des ateliers d’écriture ?

Je fais ça de manière professionnelle depuis un an aux côtés de mon ami Cotchei, en binôme. Mais cela fait maintenant quatre ans que nous intervenons dans différentes structures pour pratiquer le rap et pour en parler et en écrire. Nous sommes intervenus auprès de structures diverses : Armée du Salut, établissements scolaires, facultés, domaine carcéral, MJC, … Nous nous adressons à tous les publics en adaptant nos contenus, ce qui nous permet de prendre plaisir à chaque atelier, sans faire de copier-coller au niveau de nos contenus.

Pouvez-vous nous raconter un souvenir d’atelier réalisé avec le Labo des histoires ?

Nous étions récemment avec mon collègue à Nomeny avec des 11-13 ans pour un accompagnement sur toute une semaine. Cette semaine est un excellent souvenir tant les jeunes ont été fascinés et fascinants. Ils ont dû créer des personnages fictifs, quelque peu superhéros, ayant la capacité d’améliorer les conditions de vie de notre futur. Ils ont été si imaginatifs que je me souviens parfaitement de chacun des personnages qu’ils ont créés. L’un d’entre eux a notamment imaginé ‘Super Doudou’, dont l’amour pouvait faire pousser les plantes et annihiler les inégalités sociales. Super Doudou président !

Qu’est-ce qui vous plaît le plus, dans le fait de mener des projets auprès des jeunes ?

Je pense que c’est tout d’abord de côtoyer des jeunes, souvent dans un cadre où ils ne s’attendent pas à voir le rap venir à eux. Je n’ai pas spécialement de personnes plus jeunes que moi dans ma famille / mon entourage. À leur contact, étonnement, je retrouve foi en l’humanité car leurs idées débordent et ils me donnent souvent l’impression d’avoir assimilé des problématiques qui nous échappaient à leur âge. Le monde évolue. Souvent en mal me semble-t-il, mais les ateliers auprès de jeunes et d’enfants me montrent souvent que les nouvelles générations regorgent d’espoir, d’amour et d’énergie pour l’avenir.

Si vous aviez un conseil à donner à un·e jeune qui n’ose pas se lancer dans l’écriture, quel serait ce conseil ?

Il ne faut vraiment pas avoir peur de se lancer. L’écriture est quelque chose de personnel et parfois de salvateur. Il faut écrire pour soi, pas pour les autres. On peut écrire sans en faire part à une tierce personne. Je pense qu’écrire peut aider à mieux se comprendre. Même réfléchie, l’écriture répond à un processus spontané. Elle n’obéit qu’à nos propres règles et nos envies. C’est un plaisir de se laisser surprendre, alors il ne faut pas hésiter si l’envie se fait sentir, cela ne coûte rien et peut véritablement aider.

Quel est votre livre préféré ?

J’ai récemment beaucoup aimé « Le baron perché » d’Italo Calvino. C’est un subtil mélange d’aventures, d’humour et d’imagination. L’humour y est très fin. Je trouve ça dingue de pouvoir créer une histoire si vaste et riche en partant d’un élément simple et restrictif de prime abord : un jeune noble capricieux monte dans l’arbre de la propriété familiale.

Dernière question : quelles sont vos actualités?

Je travaille en ce moment sur un projet musical avec mon ami Cotchei. Nous sommes régulièrement sur scène dans la région de Nancy, mais aussi ailleurs. Je participe à la finale 2020 des championnats de France d’improvisation End of the weak à Paris le 17 octobre prochain. J’ai plusieurs morceaux prêts à sortir et à être écoutés.
Je travaille en parallèle avec une amie sur un projet de poésie illustrée, qui pourrait voir le jour en 2021. Et je continue mes ateliers d’écriture, d’éloquence et d’initiation à l’improvisation. Au plaisir de retrouver Lobo dans le Labo !

N’hésitez pas à suivre Lobo EL sur les réseaux sociaux, pour ne rien rater de ses actualités et découvrir ses chansons et ses projets :

Sur Facebook : Lobo Lgdc

Sur Instagram : @loboloboel

Sur YouTube : Les Gars Du Coin

Crédit photo : Teddy Morellec – La Clef_0023


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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