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Publié le 14 mars 2013 | par Aurélie Laurière

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Paroles de jeunes : Juliette, littéraire (mais pas que)

Juliette, dix-huit ans, est une habituée des ateliers d’écriture du jeudi soir. À la fois discrète et décidée, elle sait produire des textes souvent vifs et réalistes, toujours convaincants. Il lui suffit de poser sa voix pondérée sur les mots qu’elle vient de jeter pour capter immédiatement l’attention des autres participants. Intrigués, on a cherché à en savoir plus.  

Peux-tu te présenter rapidement ?
Je m’appelle Juliette et j’ai dix-huit ans. Je suis en première année à Sciences Po Paris. Ce qui me plaît dans la vie : la lecture, l’écriture et tout ce qui se rapporte aux mots et à la langue. J’adore cuisiner aussi, et surtout goûter ce que j’ai cuisiné – mais ce n’est pas le propos. Sinon, je n’aime pas trop me présenter en quelques minutes !

Est-ce que tu te définirais comme une littéraire ?
Je dirais de moi que je suis plutôt littéraire. Je me souviens d’une prof de français, au collège, qui me disait : « Toi, t’es pas une vraie littéraire, t’adores les maths. » Elle avait raison : j’ai fait un bac L, parce que j’aimais lire et écrire, mais les matières scientifiques m’ont cruellement manqué. Si j’avais pu, je me serais intéressée à tout, beaucoup plus longtemps. C’est d’ailleurs parce que je suis curieuse de tout que je me suis inscrite à Sciences Po. J’aime établir des parallèles, rebondir d’une discipline à l’autre. La littérature, justement, c’est lié à tout – on peut faire absolument tout avec la littérature ! D’où mon intérêt pour l’écriture et ma présence ici.

Comment t’es-tu retrouvée au Labo des histoires ?
Jusqu’alors, j’écrivais seule dans ma chambre. Rencontrer des auteurs ne m’était jamais venu à l’esprit. J’ai entendu parler du Labo et je me suis dit : « Allons-y, soyons fous ». C’était avec Caroline Sers, pour l’un des tout premiers ateliers du Labo, avant même qu’il ne soit officiellement lancé. J’ai tout de suite accroché. Caroline était tellement abordable : elle nous a parlé d’elle, de son expérience, elle nous a donné des conseils. On a fait plein de jeux d’écriture qui étaient tous plus intéressants les uns que les autres. Moi qui pensais que l’inspiration ne se commandait pas, je me suis rendu compte que ce qui me paraissait insurmontable au début – à savoir écrire un texte à contraintes en quelques minutes –, se révélait possible et même agréable ! Surtout, c’était l’occasion d’écrire.

Trouver l’occasion d’écrire, c’était ça ta motivation principale ?
Absolument. Au quotidien, je n’écris pas tellement – parce que je manque de temps, parce que je n’y pense pas, parce que j’ai la flemme… Aller régulièrement à des ateliers m’oblige à écrire, à pratiquer, me permet de m’améliorer et me pousse à écrire plus.

Et qu’est-ce qui t’a donné envie de revenir ?
Avant tout, le fait de me retrouver avec d’autres gens de mon âge qui, eux aussi, écrivent ou ont envie d’écrire. J’aime tout particulièrement ce moment de l’atelier où on lit les textes à voix haute. Je suis impressionnée à chaque fois ! Évidemment, rencontrer des écrivains, des journalistes ou des scénaristes est très formateur, mais ce n’était pas ma motivation de départ. Mon but premier était de sortir de la solitude liée à l’écriture. Et on peut dire que le Labo bouscule cette réalité ! C’est pour cette raison que j’y reviens et que je participe au K.O. des MOTS.

Quand as-tu commencé à écrire ?
Très jeune, dès que j’ai su tenir un crayon. Petite, j’avais l’habitude de dire : « Plus tard, je serai romancière ». Romancière célèbre, bien sûr – j’avais beaucoup d’ambition ! J’ai recommencé à écrire quelques années plus tard, essentiellement de la poésie. Pourquoi ? Parce que la forme brève du poème me permet de produire quelque chose d’autonome et d’abouti en quelques heures seulement. S’attaquer à une nouvelle, par exemple, c’est beaucoup plus intimidant. Avec les années, j’ai appris à devenir plus humble. Aujourd’hui, je pense : « Si jamais un jour j’arrive à écrire, alors j’aimerais être publiée pour partager ça avec les autres. » Une partie de moi doute quand une autre a envie d’y croire…

Est-ce que le Labo a changé ta manière de percevoir l’écrit ?
D’une certaine manière oui. Le Labo a surtout conforté des idées que j’avais à l’état d’embryons. Par exemple, j’ai constaté que l’écriture ouvre des champs infinis, qu’on peut écrire des romans, des nouvelles, des scénarios, des articles… Je le soupçonnais, mais je ne l’avais encore jamais expérimenté. L’autre pressentiment que j’avais, et que le Labo a confirmé, c’est que l’écriture est faite pour être partagée. Avant, j’avais tendance à garder ce que je produisais pour moi. Maintenant, je prends plaisir à lire ou faire lire mes textes…

Comment abordes-tu les ateliers ?
Au départ, j’envisageais ça comme deux heures de détente, une parenthèse agréable après une journée de cours. Et puis, au fur et à mesure, j’ai réalisé que c’était peut-être plus que ça. Le contact avec l’équipe, avec les auteurs – surtout ceux qu’on revoit d’un atelier à l’autre, comme Caroline Sers (cf. le cycle Les clés de la fiction) : tout ça est très enrichissant. Caroline assure un réel suivi entre les séances. Et ça, c’est formidable.  

Ton plus beau souvenir ?
Je dirais Apprentis romanciers, avec Caroline. Parce qu’on a beaucoup écrit, parce que tout le monde a joué le jeu. Le niveau était très élevé et c’était fascinant de voir comment, à partir d’un même exercice, on arrivait tous à des textes si différents… 

Propos recueillis par Aurélie Laurière


A propos

Chargée de projet éditorial au Labo pendant six mois. Mission : promouvoir les ateliers, stages, master class et K.O. des MOTS. Faire en sorte qu’on en parle, qu’on en parle partout et qu’on en parle en bien. En bref : écrire au sujet de l'écrit. Avant, après et à côté : journaliste culture.



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