Comme si vous y étiez

Publié le 25 février 2015 | par Labo Des Histoires

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Les ateliers Odyssée ? Qu’est-ce donc? Clara vous dit tout

Les jeudis après-midi, le Labo accueille les ateliers Odyssées en partenariat avec l’association Aurore dans le cadre d’un programme de réinsertion. Jeudi dernier, Clara, notre jeune stagiaire, s’était faufilée parmi l’assistance. Elle nous raconte tout.

 

Ce jeudi 12 février, Eugénie Rambaud a accueilli des jeunes pour un atelier d’écriture… plutôt spontanée. Alors, la fameuse question jaillit : « A quoi jouons-nous ? »

En premier, nous avons suivi l’idée d’un des jeunes et nous avons chacun tiré, au hasard, deux bouts de papier renfermant deux mots ou deux bouts de phrase. A partir de ces phrases, de ces mots et de leurs synonymes, nous avons écrit une histoire en une quinzaine de minutes. Certains sont tombés sur « solution » et « quand les nuages cachent le ciel », sur « progrès » et « la grand-mère dépasse », sur « amour » et « mystère » ou encore sur « tristesse » et « incandescent ». Des mots qui ont inspiré bien des histoires ! De l’expérience sur l’ombre et la lumière à une veuve aux yeux de braises, en passant par Marc, un passionné d’amour et de mystère, et par une déclaration d’amour opposant l’intelligence et les battements du cœur. Pour ma part, « à la fin de la journée » et « talent » m’ont dictés le texte suivant…

 

A la fin de la journée, je me mets au travail. Tout le jour, je me repose, je lis, je me promène à travers les rues animées, je visite des musées, je me faufile dans des maisons abandonnées, je me pose sur un banc d’un jardin japonais ou je m’installe à la terrasse d’un café. Parfois, je vais dans les planétariums pour m’inspirer. Je fais toutes sortes de choses que les autres réservent pour les vacances.

Seulement moi, je n’ai jamais de vacances. Tous les soirs, je dois me presser, m’acquitter de ma tâche au mieux. Si je travaille mal, c’est le monde entier qui risque de tomber en dépression. Et je ne veux pas avoir ce poids sur mes épaules. Mes si petites épaules… Alors je m’applique, chaque jour, lorsque le soleil embrasse l’horizon pour disparaître en une trainée pourpre. Dès ce moment-là, j’attrape mes ciseaux, mon escabeau, enfile mon manteau et sors, dans la fraîcheur des dernières heures du jour. Doucement, je tire un long rideau noir sur la voûte céleste et souffle un vent doux sur le monde. Puis, je grimpe sur mon escabeau et découpe dans la nuit noire une myriade de petites étoiles lumineuses. Une par une. Je décore le ciel à ma façon. Mais, déjà, les premières lueurs de l’aurore apparaissent au loin et je dois soulever le voile sombre pour laisser place au jour. Et j’attends la fin de la journée pour tout recommencer.

Alors, que dites-vous de mon chef-d’œuvre entre ombre et lumière ? Non, ne dites rien… Je sais ce que vous pensez… C’est vrai, j’ai du talent.

 

Après avoir lu nos textes en les commentant (toujours de manière bienveillante !), nous sommes passés à un nouveau jeu. Nous avons chacun choisi une image qui nous inspirait. Ensuite, nous avons rajouté un mot, « s’enfuir ». Et de ces deux éléments, l’imagination s’est ouverte à nous. Nous avons écrit durant trois minutes, avant de faire tourner les images et de continuer à écrire pendant encore trois minutes, et ainsi de suite, jusqu’à avoir retrouvé son image de départ. Certains ont choisi d’écrire un petit texte par image, d’autres ont préféré intégrer chaque image dans un même récit. Rien de tel qu’un petit jeu de « feuilles tournantes » pour créer une longue déclaration d’amour, un petit garçon qui fait des cauchemars éveillés ou cinq petites histoires avec une jeune femme perdue dans la forêt, menacée par une bête, deux jeunes riches enfermées en première classe… Malheureusement, le verbe « s’enfuir » est un peu tombé aux oubliettes ! Pour ma part, j’ai essayé de l’intégrer dans mon texte loufoque, sans vraiment y arriver…

 

Pourriez-vous imaginer un monde, tout autre ? Un monde où tout être serait fait de papier plié ? Non ? Eh bien, fermez les yeux…

Pensez à une simple feuille, colorée de préférence. Soulevez ce coin-là, pliez sur cette ligne-là, sur celle-ci et sur cette autre, juste ici. Relevez ce coin et coupez le long de cette pliure. Voyez-vous l’oiseau que vous venez de créer ? Dans ce monde en carton, il y en a des milliers, similaires. Mais ils ne peuvent ni voler ni chanter. Ils ne peuvent qu’évoluer dans ce monde en suivant un chemin prédéfini. Accrochés à des fils, leur destin est entre les mains… de qui ? Dans ce monde, nul ne le sait. Mais vous qui en êtes extérieur, qui n’êtes pas un de ces pantins pliés, peut-être pourriez-vous retrouver le poignet, le bras, l’épaule jusqu’à la personne qui asservit les oiseaux ? Allez-y, remonter ce fil par exemple et voyez s’il mène… A une jeune femme ?! Une jeune femme blonde, enfermée dans un chalet enneigé. Oui, elle, qui vous fixe de son regard de glace. Un visage si angélique pourrait-il être aussi cruel ? Inventer un univers et des animaux dans le seul but de les contrôler ? Peut-être y est-elle forcée… Regardez, là-bas, près du chalet, un énorme monstre rôde. Sorte de panda au regard étrangement vide, cette créature toque soudain à la porte et chuchote : « Le monde est trop sombre, il me faut plus de couleurs. » Oh, mais avez-vous entendu cette voix, ce ton si triste ? La fille tire sur un fil et une bille de couleur asperge le monde cartonné. Alors, petit à petit, le visage du monstre s’apaise, ses traits se détendent et il ferme les yeux. Oh là, ne serait-il pas en train de s’endormir ? Eh si… et, attention ! il nous entraîne dans ses rêves ! Loin de toute cette neige, dans une sorte de train inquiétant… Mais c’est un cauchemar ! Derrière une porte close, comme une prison, séparant la première classe de la seconde, deux jeunes filles se tiennent debout. Deux jeunes filles identiques. Deux jeunes filles qui dardent le même regard sur vous qui leur faites face. Un regard où se mêlent la haine, la douleur, le désespoir et…

Mais, que faites-vous ? Non, reposez ça tout de suite. N’effacez rien, ne détruisez pas le…

 

Nous avons, encore une fois, lu nos textes en disant ce que nous en pensions. Il était intéressant de voir comment chacun de nous avait intégré les images dans leur texte. Et de nouveau, cet atelier nous a permis de déployer notre création et d’écrire en libérant notre imagination en même temps que notre crayon !

 

Clara, 15 ans, stagiaire au Labo

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A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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