Auvergne-Rhône-Alpes

Publié le 22 juillet 2020 | par Labo Des Histoires

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IA or not IA

Ce mardi 21 juillet 2020, Le Labo des histoires s’est rendu à la Médiathèque Paul Eluard de Fontaine pour un atelier d’écriture autour des intelligences artificielles (I.A.). Laura Schlenker, qui travaille entre autre avec la Casemate et l’Université de Grenoble Alpes, était notre intervenante. Elle a animé l’atelier nommé « I.A. or not I.A. » dans lequel les participants ont du imaginer une intelligence artificielle et créer sa base de données.

Pour se familiariser un peu avec
ce sujet complexe, nous avons commencé par lire 6 petits textes. A chaque fois,
il y avait un texte écrit par un véritable auteur et un texte repris ou créer
par une I.A. Le but était que l’on repère la manière de s’exprimer d’une I.A.
qui est, certes, toujours grammaticalement correcte mais qui parfois n’a ni
queue ni tête. Un exemple que nous avons vu tiré de « Harry Potter et
le portrait de cendre », œuvre écrite dans son intégralité par une I.A.
qui aurait au préalable lu tous les tomes d’Harry Potter pour en faire sa
base de données : “Ron vit Harry et commença immédiatement à manger la
famille d’Hermione.’’

La question que l’on s’est donc
posée ensuite allait de soi : Comment une I.A. fait pour nous comprendre
et pour parler si bizarrement ? Tout simplement car elle a une base
de données : une mémoire interne dans laquelle se trouve tout ce qu’elle a
à savoir. Mais cette base de données n’est pas infinie et l’I.A. est restreinte
dans le vocabulaire de la fonction à laquelle on la destine. Nous savions que
pour cet atelier, notre I.A. parlerait de manière étrange et il s’agissait
justement d’en jouer.

Après avoir défini son nom d’I.A.,
sa machine (d’un piano prodige à un T-Rex protecteur), sa fonction (à quoi elle
sert) et ses « humains » (personnes avec lesquelles elle interagit),
et après avoir fait son portrait chinois (si j’étais… je serais…), il a fallu
passer à la création de sa fameuse base de données. Pour cela, nous avions
accès à des livres, tous plus ou moins sur le thème des I.A. et dans lesquels
nous avons pioché différentes phrases et mots qui allaient constituer sa base
de données.

Le pianissimo de Valentin, 12ans

Une fois la base de données au
complet, il s’agissait ensuite d’écrire trois phrases avec ces mots en
utilisant le moins d’autres mots possible. Ces trois phrases allaient un peu
montrer qui est cette I.A. et comment elle s’exprime.

La dernière étape de l’atelier
consisté à écrire un dialogue entre les I.A. des différents participants. La consigne
était simple : n’utiliser que les mots de notre base de données, de même
pour l’I.A. en face. Ainsi, un dialogue des plus étrange voyait le jour. En
effet, si chacun utilise seulement ses 15 mots, ils n’auront pas forcément de
lien avec les 15 mots de l’I.A. en face. Bien sûr, nous pouvions rajouter des
mots tel que : le, la, on, vous, je, mais, sans, avec, etc.

Voici un exemple de ce que cela a pu donner :

  • « Capitaine. Capitaine.
  • Vous voilà. Bienvenue dans
    la mélodie de la beauté, vous entendez la folie ?
  • Oui. Je vois ce paysage
    extraordinaire.
  • Vous êtes jolie, mais il
    faut changer le colorie de vos yeux.
  • Ce robot conteur m’a
    raconté mon futur visage, mon futur moi.
  • Attendez, j’appelle Pierre
    Feuille Ciseaux, il va gagner votre respect. C’est un robot respectable.
  • Je suis allé au Japon, je
    ris de votre futur visage, le monde entier va vous adorer.
  • La musique défrise la
    mélanine, vous entendez ?
  • Super, la couverture est
    parfaite, vous êtes celle qui scintille dans la galaxie. »

Ce dialogue a bel et bien été écrit à partir de la
« base de données » de deux I.A. qui, apparemment, se préoccupaient
pas mal de leur apparence.

Cet atelier nous a apporté de
nouvelles connaissances sur les I.A. de manière très littéraire (pour notre plus
grand plaisir). C’était vraiment intéressant de pouvoir mélanger « machines »
et livres dans notre imaginaire. C’est un exercice que l’on pourrait qualifier
de frustrant puisque nos mots étaient limités, pourtant ce n’était pas du tout
le cas. La contrainte était telle que l’on s’est pris au jeu, se mettre à la
place de l’I.A. et la faire s’exprimer sans chercher à donner un sens profond à
ses paroles était drôle et surprenant. Nous étions bien loin de l’écriture
scolaire que l’on connaît trop bien, ici il s’agissait de s’amuser avec les
mots, rien d’autre.


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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