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Publié le 25 avril 2013 | par Baptiste Pépin

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Gagnants du concours « Les créatures du Labo »

Le Labo des histoires ayant eu du mal à définir la véritable identité des créations de nos deux apprentis scientifiques Jérémie Brocoli et El professor Manuel de las Manos, nous avons fait appel  à votre imagination et vos talents d’écriture. Dans leur monde fourmillant de potions magiques et de monstres, vous avez réussi à percer les mystères de nos deux génies farfelus.

Partagé en deux catégories, le concours livre enfin ses résultats après une lecture attentive de toutes ces histoires extraordinaires que vous nous avez envoyées. Une première catégorie était consacrée aux monstres créés par Jérémie Brocoli et concernait les apprentis sorciers du Labo (9-14 ans). La seconde catégorie avait pour but de découvrir la vie des monstres créés par El professor Manuel de las Manos par les savants fous du Labo.

Quelques règles vous étaient imposées dans la rédaction de vos histoires, et malgré l’intérêt de tous vos récits, il fallait forcément trouver des gagnants, dont voici la liste :

Catégorie Apprentis Sorciers :

+ 1er prix : Moira Alkmade

Monsieur Noir

Monsieur Noir est triste. Si triste qu’il fait pleuvoir des dictées sur le monde entier. Il regarde la pelouse couverte de neige et se rappelle le temps où il était blanc. Pas blanc comme la neige, mais blanc comme une feuille de papier. Maintenant il est noir comme le charbon, couvert de mots qui racontent son histoire.
Jérémie, un garçon aux cheveux verts passionné de physique-chimie, l’avait créé dans son cahier de brouillon pendant le cours de français. En rentrant chez lui, Jérémie alla directement dans son laboratoire. Il prit deux fils électriques de son horloge et, à coups de décharges, il fit vivre son « homme-papier ». Pendant la nuit, deux enfants s’introduisirent dans la maison de Jérémie pour voler Monsieur Noir. Ils le mirent dans un bateau en papier qu’ils jetèrent à l’eau. Monsieur Noir vogua jours et nuits jusqu’à ce qu’il arrive au bord d’une ville. Aujourd’hui, il vit toujours dans une camionnette abandonnée, au milieu d’une pelouse, là ou il attend votre visite.

+ 2e prix : Sixtine Dinet

Le monstre Gribouilli

La vie est loin d’être facile quand on est traité avec méchanceté parce que nous ne sommes pas d’une beauté semblable à notre entourage. Le monstre Gribouilli, qui partageait la même pochette à dessin que ses camarades les dessins bien faits, en savait quelque chose. Certains des plus gentils disaient qu’il n’était pas tout à fait prêt a prendre la camionnette du musée. Mais la plus grande partie le trouvaient bien trop repoussant pour daigner lui adresser la parole. Le monstre les comprenait, mais était-ce sa faute si son dessinateur l’avait raté? Un jour, il se décida à partir à la recherche de son créateur. Tout ce qu’il vit au début, partout autour de la pochette, c’étaient des peintures semblables aux dessins qu’il venait de quitter, des peintures bien plus belles que ces dessins qui, tous les jours, se vantaient d’être splendides, magnifiques, d’une beauté indescriptible. Il n’étaient en fait que de simples croquis, de petites esquisses! Réconforté, le monstre Gribouilli s’apprêtait à rentrer dans sa pochette quand ses yeux se posèrent sur un tableau dont il n’avait jamais vu le croquis. Ce tableau était parfait ; le petit monstre le regardait émerveillé ; c’était le portrait d’une femme qui avait le regard de partout. Les couleurs se mariaient superbement bien, le vert de la pelouse derrière la dame avait des nuances de couleurs fauves… Le monstre ne pouvait plus quitter des yeux le tableau ; le temps passait ; les aiguilles de l’horloge avançaient mais Gribouilli continuait à contempler la merveille tout en se posait cette question « Qui était ce mystérieux génie dessinateur qui avait peint la Joconde ? ».

+ 3e prix : Orlane Justine

Jérémie ce jeune prodige de la Chimie va dans la cave. Mais pourquoi va t-il dans la cave ? Car il a un laboratoire ! Mais sa mère n’est pas au courant.
La mère de Jérémie dit : Jérémie !!! Que fais-tu ?
Jérémie lui répond. Je suis en train de regarder une vidéo !!! !!!(il a menti)mais pour de vrai il a fait un gros gribouillie
Ca fait 01h et quart qu’il travaille .Sur l’horloge il est 16h00 Jérémie va prendre son goûter dans la cuisine .Pendant qu’il prend son goûter, dans la cave un gros gribouillie est sorti du dessin de Jérémie et tout le monde a entendu un gros BOUM !!!
-Ah un MONSTRE !!!!!!!!!
Les murs faisaient du bruit, Jérémie tremblait, les cris affolés des parents firent tomber tous les vases de la pièce.
Jérémie qui avait du courage est allé voir ce qui se passait .
Là il voit un grand monstre et celui ci lui dit : -Bonjour je m’appelle Jacadémie
Jérémie lui répond : -Moi c’est Jérémie. Mais qui es tu ?
Jacadémie dit Je suis ton gribouillis de dessin que tu avais fait avant de manger. Jérémie le met dans sa camionnette rouge .Jérémie va jouer avec Jacadémie .Il avait fait que Jacadémie était invisible (car Jérémie était un scientifique).Jérémie regarde l’heure et la il voit qu’il est 19h45 il se dit
Vite je dois aller manger mon repas !Alors il court dans la cuisine .Il mange et discute avec ses parents . Jérémie a mis son pyjama Jacadémie lui aussi avait mis son pyjama .Ils dormaient bien chaud dans le lit . Le lendemain matin Jérémie s’écrit :C’est dimanche !!!Pas d’ECOLE !!!!!! Pendant ce temps sa mère lui dit : Jérémie peux tu aller me chercher du pain à la boulangerie ,moi je ne peux pas je tonds la pelouse. Jérémie va le chercher avec Jacadémie .Depuis ce jour Jacadémie est devenu un vrai petit garçon . POUR CONCLURE LA FIN DE CETTE HISTOIRE JACADEMIE ET JEREMIE SONT DEVENUS INSEPARABLES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Monsieur Noir

Catégorie Savants Fous :

+ 1er prix : Denis Azzani

La découverte

Antonio Santiago décida d’informer la police de ses doutes quant au silence téléphonique de sa petite amie opticienne. La police aurait très bien pu qualifier d’exagérés ou d’affabulation les propos du jeune homme, mais cela aurait été sans compter un autre signalement de la part des parents de la docteur, qui eux aussi restaient sans nouvelle de leur fille.
On se permit une fouille de la villa. On ne trouva rien, sauf une chose, une seule chose qui horrifia Antonio, la famille, et quelques policiers. Dans un contexte archéologique ou médical, cette trouvaille n’aurait pas autant éveillé l’attention. Mais c’est paradoxalement le fait qu’on l’ait trouvée dans un endroit aussi banal qu’une villa qui en fit toute l’infamie. Car c’était une phalange d’index. Une phalange humaine. Lisse et propre, comme si on en avait rongé et suçoté le contour.
Et je sais. Je sais ce qui a fait cela. Et ce savoir n’est pas un privilège…
A l’époque où ça n’était qu’une conjecture, cela s’appelait  »Œiulus ». Une pure hypothèse, qui n’aurait jamais du exister. Mais tel Frankenstein, je conçus, au détriment de tout sentiment de moral et de bon sens, une horreur que nul ne devrait voir au cours de son existence. Je ne pourrais expliquer mieux que Borellus et Descartes les lois qui m’ont permis de mettre au point ce monstre. Quant à vous le dépeindre, je dois dire que le grotesque de son aspect est trompeusement proche des monstres enfantins des livres jeunesse. Mais ses traits se perdent dans l’air de par la constitution rigide et transparente de ses chairs, telle la méduse dont les contours translucides se confondent avec l’eau. Cette chair est recouverte d’yeux humains tremblants et flottant au rythme de ses mouvements, reliés entre eux par de multiples fibres nerveuses blanches et violettes stagnant dans son corps gélatineux. En haut de cette chose qui change en permanence de forme et est parfois humanoïde, il s’y tient une mâchoire noire et luisante. Elle est en forme de losange, et garnie de dents pointues longues d’environ dix centimètres, dont on peut voir les racines qui dépassent au-travers de ses chairs translucides.
Cet aspect prend une tournure diabolique quand on le plonge dans l’obscurité partielle ou complète, où, excité, il relève ce qui lui sert de tête pour émettre un hurlement démoniaque entre l’inspiration d’air que ferait un mourant et le sifflement d’un serpent.
Il est dehors. Il vit. Dieu sait ce qu’il fera d’autre sur son passage. Dieu sait ce qu’il a déjà fait… Quand vous apercevrez dans vos ruelles, la nuit, une chose dont les chairs semblent cligner et se mouvoir, et qui se cambre pour émettre une respiration impie lorsque les nuages masquent la lune, alors, vous saurez que je disais vrai, moi, le professeur Manuel de los Manos.

+ 2e prix : Amélie Ruillon

« Stop. Arrêtez » hurla-t-il en se prenant la tête entre les mains. « Je ne veux plus. Plus de visiteurs avides. Plus de regards goulus dévorant sans vergogne ma dignité. Plus d’affabulations des médias volant ma propre vie.
Je suis fatigué. Fatigué des horreurs de ce monde et de la bêtise de ses habitants. Moi, la créature exhibée en bête de foire comme aux temps obscurs de la négation de l’humanité, au regard d’une différence qui n’existe pas, au détriment d’un coeur, d’un esprit et d’un corps partagés par tous.
Je m’appelle Argos. Mon créateur ne pouvait s’empêcher de s’enorgueillir d’une si glorieuse référence. Il voulait faire de moi le gardien de ses projets les plus fous. La clé qui lui ouvrirait les portes de l’Olympe de ce monde, à défaut de lui rendre la parole. L’omniscience dont il me dota devait le rendre maître incontesté des âmes de cette terre, de leurs secrets, des plus intimes aux affaires d’Etat. Et pourtant… Las !
Oui l’omniscience est un don précieux, le don des sages. Mais il est devenu pour moi un fardeau inutilisable. Les phalanges des horreurs de cette terre déferlent devant mes yeux. La mort et la souffrance. L’injustice. La haine. Et plus révoltant peut-être : la laideur quotidienne de ceux qui ferment leurs yeux au reste du monde. Indifférence méprisante. Fléau de l’ignorance. Oubli d’un passé lointain dans un monde où demain est déjà aujourd’hui. Et qui laisse ainsi sur le pavé la mémoire, les petits et les rêveurs. Leurs cris glissent sur ma langue, SOS invisibles et muets étouffant mes propres paroles.
Soulagez mes paupières lourdes et asséchées que les larmes de sang ont peu à peu aveuglées. Pensez à moi qui vois tout et prêtez-moi votre regard. Rendez-vous compte de ce que signifie la chaleur d’un sourire, la lueur du respect, l’étoile de la bienveillance dans l’océan infini de cette humanité ignorée et bafouée. D’un battement de cils des blessures peuvent guérir. Nos milliards de cils ne seront pas de trop pour apaiser le monde. Ouvrez vos yeux sur la beauté qui vous entoure mais que vous ne savez voir, et pour ceux dont le monde ne mérite pas qu’ils gardent les paupières ouvertes, je serai leurs yeux, je porterai leur regard avec fierté, honneur et dévouement, aidé par les milliers de regards de ceux qui savent désormais où tourner leurs yeux.
L’espoir subsiste pour ceux qui savent être suffisamment fous, naïfs et entêtés. »

+ 3e prix : Roxanne Chloup

C’est au cours d’un réveillon en famille particulièrement sporifique que Manuel de Los Manos eut l’idée de créer SON propre compagnon, celui qui aurait toutes les qualités dont il rêvait depuis toujours. Déjà, il ne devait pas parler, c’était rédibitoire. Ensuite, s’il pouvait ne pas avoir de phalanges, voire même pas de mains du tout – pour ne pas risquer de tripoter tous les boutons et leviers secrets du labo – ce serait l’idéal. Et puis, il fallait qu’il soit très discret et observateur, pour renseigner Manuel sur les plans diaboliques de ses rivaux tout aussi diaboliques. Au départ, ce ne devait pas être un monstre, juste une sorte d’animal domestique revisité… En dévisageant ses parents, frères, soeurs, et autres cousins se régaler d’huîtres, Manuel partit loin, très loin dans ses affabulations. Il avait étudié les huîtres, en cours de bio. Il se souvenait que la bordure noire tout autour était en fait une rangée d’yeux. Ces pauvres huîtres voyaient tout, même leur mort arriver…
Manuel se leva soudainement de table, et, au détriment des invités, alla « emprunter » les deux bourriches restantes au frigo. Il fila dans son labo secret au grenier, qui avait l’apparence d’un studio étudiant tout à fait banal. Il plaça délicatement les huîtres une à une dans son accélérateur de particules à déshydratation chromosomique, astucieusement camouflé en four à micro-ondes. Il ajouta quelques composants électroniques pour pouvoir recueillir les données, et un peu d’extrait d’ADN de Kiki, le défunt caniche de la famille. Deux minutes, ça devrait suffire… Une fois la « cuisson » terminée, Manuel sortit du micro-onde le petit cube noir spongieux. Trois gouttes d’eau, pas plus, pas moins. Une… deux… trois… quatre ?! Merde. Dans l’excitation, une goutte de sueur avait perlé de son front !
Dans un bruit de succion assez épouvantable et un nuage de fumée dense et iodé, le cube commença à grossir, grossir, et à prendre forme. Quand la fumée s’estompa, la Chose apparut. Ce qui devait au départ ressembler à une huître géante, baveuse et docile, se tenait maintenant debout sur deux pattes, le corps entièrement recouvert de milliers d’yeux humides, un gouffre noir lui tenant lieu de bouche ; bouche immense, bordée d’impressionnantes dents tranchantes… en coquille d’huître.
Manuel leva la tête, leva les bras, et hurla. C’est décidé, il l’appelerait Ostréos.

Oeiulus

Tous nos gagnants vont recevoir leurs cadeaux rapidement.

Mais le Labo des histoires remercie tous les participants pour leur créativité qui nous a permis d’enfin comprendre la vie cachée de Jérémie Brocoli et d’El professor Manuel de las Manos.

A bientôt pour de nouvelles histoires…


A propos

Chargé des projets éditoriaux et de communication au Labo des histoires. Mission : poursuivre l’excellent travail fait jusqu’ici et participer à l’évolution du Labo. En bref : un Jack Kerouac raté. A côté : journaliste musique/culture, organisateur d’événements culturels.



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