À lire Comme si vous y étiez : Fais-moi peur - Labo des histoires

Publié le 10 octobre 2012 | par ophelie

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Comme si vous y étiez : Fais-moi peur !

Nous voici réunis dans la grande salle, au Motif. Le temps pluvieux et le ciel assombri correspondent bien au thème de notre atelier d’écriture « Fais-moi peur ! ». Sur la table, des cahiers, des crayons (jusqu’ici tout va bien), de la colle, des ciseaux, des magazines et un appareil photo (étrange pour un atelier d’écriture…). Marina, l’intervenante, présente le thème de l’atelier : nous allons partir des choses qui nous dégoûtent, des aliments que nous détestons, des personnes qui nous rebutent, de nos peurs, nos angoisses, des mots qui nous font frémir pour créer notre monstre.

Mais avant ça, séance de scrapbooking ! Kézako ? Chacun prend un cahier, puis le personnalise à l’aide des magazines. Ah voilà l’explication ! Nous voici donc en train de découper des animaux, des fleurs, de chercher le « s » le plus drôle, ou le « a » le plus grand. Le but : avoir notre cahier d’écriture à nous pour tous les autres ateliers. Les langues se délient et la séance de scrapbooking devient instant potin et nous apprenons à faire connaissance.

Et voilà, nos cahiers d’écriture tout beaux !

Allez zou, fini l’atelier manuel et passons aux choses plus sombres : les monstres.

Révélons nos peurs : « ce que je déteste le plus, ce sont les araignées ! » Beurk. « Les araignées comment ? » demande Marina, « bah surtout les velues, celles avec de longues pattes, je déteste tous les insectes avec pleins de pattes. ». C’est vrai que ce n’est pas très rassurant comme aspect. « Et le mot moignon, je ne sais pas pourquoi mais ce mot me dégoûte quand je le prononce ». Ah bon ? Un mot peut nous dégoûter ? « Et les gens prétentieux, ceux qui pensent qu’ils sont supérieurs à vous », « et les yeux, je déteste tout ce qui se rapporte aux yeux. » De fil en aiguille nous voici avec un tableau rempli de choses plus repoussantes les unes que les autres.
Avant d’écrire, dessinons nos monstres dans nos (beaux nouveaux) cahiers pour commencer à réfléchir à leur aspect physique. Une fois dessiné, nous essayons de trouver des adjectifs pour décrire leur texture : baveuse, gras, pelliculaire, mou, collant, visqueux, grisâtre, mou, poilu, velu…
Puis leur taille : petit, ramassé, court, concentré…
Leur mental : prétentieux, tactile, oppressant, suffocant…
Et enfin leur odeur : forte, acre, pestilentielle, souffle, haleine, empeste…

Et voici Moignon, le monstre d’Anna 

Marina nous présente également des figures de style pour que nous puissions varier notre description. Nous pouvons faire des comparaisons mais aussi utiliser des hyperboles pour rendre plus palpable notre créature à nos lecteurs.

Nous nous retrouvons avec une série de synonymes et d’idées pour décrire notre monstre. Au travail !

30 minutes passent, la pluie torrentielle frappe aux baies vitrées et nous révélons alors nos créatures repoussantes. C’est la fin, nos monstres sont enfermés dans nos cahiers pour le reste de l’après-midi. Et nous les rouvrirons la semaine prochaine pour l’atelier « Et si ? », même heure, même lieu.

Anna nous décrit son monstre :
Moignon ne possédait pas de corps en lui-même, uniquement une multitude de pattes poilues et couvertes de ventouses ramassées sur elles-mêmes. Mi-araignée mi-pieuvre, ses pattes au nombre de huit, elles étaient constamment en mouvement, à la recherche de caresses doucereuses. Rien qu’à les voir, il était aisé de deviner la chaleur, l’humidité qui s’en dégageait. Un liquide visqueux en coulait continuellement, les rendant plus repoussantes encore. Entre ses épaules se dressait sa tête velue. Encadré de longs cheveux noirs, collés par un amas de pellicules. Son visage affichait continuellement un air prétentieux, sarcastique. Ses deux petits yeux exagérément écartés étaient globuleux et injectées de sang. En guise de nez, une fente sombre laissait échapper une respiration difficile et irrégulière comme un râle.

De sa bouche, tel un trou béant, laissait transparaitre une longue langue molle, grasse et grisâtre qui n’avait de cesse de se tortiller. Mon infect monstre dégageait une odeur âcre et sucrée, qui suintait la transpiration. A chaque souffle son haleine pestilentielle nous submergeait. Son visage était couvert de pue, de gros boutons purulents. Tout son corps fourmillant, ne cessait de bouger, de grouiller comme si des milliers d’asticots se tenaient tapis dans ses longs poils.

 

 Et vous ? À quoi ressemblerait votre monstre ? Répondez dans  les commentaires !

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A propos

Chargé des relations associatives et scolaires. Mission : tisser une toile autour du Labo et faire découvrir l'écriture créative à un maximum de jeunes, même à ceux qui ne se savent pas encore écrivain. En bref : apprendre à jouer avec les mots. À côté : apprentie ethnologue et animatrice.



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