Grand Est

Publié le 7 novembre 2017 | par Labo Des Histoires

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Dialogue avec le hasard

« Entre télé, tablettes, portables… les écrans font aujourd’hui pleinement partie de nos vies quotidiennes, de celles de nos ados, et il n’est pas toujours facile de les apprivoiser ! »

C’est le constat établi par le réseau parentalité du Centre Social CAF Blanche Haye, ainsi que par les professeurs et principaux de 5 collèges de Longwy, Lexy, Longlaville et Mont-Saint-Martin. Face à ce constat, que faire pour sensibiliser efficacement les adolescents et leurs parents aux dangers, mais aussi aux avantages, de l’utilisation des écrans ?

C’est pour répondre à ce besoin que le Centre Social a fait appel au Labo des histoires Grand Est, et aux techniques ludiques et participatives utilisées lors de ses ateliers. C’est donc à Nicolas Turon, comédien et metteur en scène, qu’a été confiée la mission de rencontrer quelques 150 élèves âgés de 10 à 15 ans répartis sur les 5 collèges, et de les faire s’exprimer sur leur vie virtuelle.

Lundi 6 novembre, c’est au collège Emile Gallé de Lexy, auprès de 24 élèves d’une classe de 5ème, que l’aventure « Plein Ecran » a débutée.

En guise d’introduction, Nicolas lance : « Qu’est-ce-que vous utilisez comme applications sur votre smartphone ou votre tablette ? ». Les mains se lèvent, et les laborantins citent Snapchat, Instagram, Facebook, Twitter, Netflix ou encore Messenger. Pour eux, les écrans servent à communiquer, à se divertir, à suivre des gens et être au courant de ce qui se passe dans le monde. Mais, ils en ont conscience, les écrans peuvent aussi mener au piratage, au harcèlement, à l’usurpation d’identité, aux contenus non appropriés… Nicolas clôt le brainstorming en confiant aux jeunes : « Les adultes disent tout le temps que les jeunes, de nos jours, n’écrivent plus. Mais moi je pense qu’ils ont tort ! Quand vous chattez sur les réseaux sociaux ou dans les jeux en ligne, quand vous vous écrivez des SMS, vous écrivez, et certainement beaucoup plus qu’eux à votre âge ! »

Nicolas propose ensuite aux élèves un exercice pour lequel ils doivent faire appel à leur super-pouvoir : celui de l’œil magique ! La règle est simple, il s’agit d’ouvrir l’œil, et de repérer dans leur salle de classe au moins 5 détails qu’ils n’avaient jamais vus auparavant. « Derrière la télé, un morceau du mur est peint en vert », « Il y a une toile d’araignée dans la lampe », ou encore « Sur le tableau en liège, on voit des traces de vieilles feuilles qui ont dû être accrochées pendant très longtemps ». Cette courte activité a montré aux laborantins l’intérêt d’être attentif et observateur dans le monde qui nous entoure, qui peut être plein de surprises et matière à créer. Car aujourd’hui, il existe une trop grande différence entre le monde réel dont on est souvent déconnecté, et le monde virtuel auquel nous sommes connectés 7 jours sur 7 et presque 24 heures sur 24. Nicolas leur demande alors : « Vous ne trouvez pas ça bizarre qu’hier, enfin, j’ai rencontré mon voisin à côté de qui j’habite depuis 4 ans, alors que j’ai presque 5000 amis sur Facebook ? ».

Puis vient le moment de la grande expérience : dialogue avec le hasard. Les laborantins citent des nombres au hasard, jusqu’à former 2 numéros de téléphone portable. « Nous allons écrire à ces 2 numéros, et tenter d’établir un contact. Mais on ne va pas écrire n’importe quoi ! Nous allons réfléchir à ce que nous allons dire à ces inconnus, et construire nos conversations. » Certains trouvent ça drôle, d’autres trouvent ça dangereux. « Comment allons-nous commencer ? » Les propositions fusent, et sont sujets à débats. Doit-on utiliser le tutoiement ou le vouvoiement ? Les élèves votent finalement pour « Bonjour, comment vas-tu ? », et très vite, l’un des numéro répond. « Salut toi. Ca va tranquille et toi ? ». Sans s’en rendre compte, les laborantins se lancent dans une analyse sémantique : « Il n’a pas fait de faute d’orthographe, c’est donc un adulte. », « Mais il a écrit « tranquille », donc ce doit être un jeune adulte. Ou un marseillais. », « S’il répond, c’est qu’il n’est pas en cours », « Certainement quelqu’un qui glande sur son canapé ». A partir d’une simple phrase, ils sont en train d’imaginer un personnage, ses traits de caractère, son quotidien, son univers… A la manière d’un auteur !

Après quelques échanges de banalités, les laborantins finissent par avouer à leur interlocuteur qu’ils sont une classe de 5ème qui mène une expérience, et demandent à leur mystérieux interlocuteur la permission de continuer leur conversation lors du prochain atelier. Tous ont vraiment hâte d’en découvrir plus sur cet homme (si c’en est un !), et de voir jusqu’où cette expérience va les mener.

Lors de la prochaine séance, Nicolas demandera aux jeunes de dresser le portrait de leur inconnu, avant de reprendre la conversation avec lui.

Ces dialogues avec le hasard se dérouleront également dans les collèges Albert Lebrun et Vauban de Longwy, Anatole France de Mont-Saint-Martin et Trois Frontières de Longlaville. Ils seront mis en scène et joués au cinéma Utopolis de Longwy le samedi 27 janvier prochain, en présence des parents, en amont d’une journée de prévention animée par l’association Aux Frontières du Pixel.


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