Grand Est

Publié le 28 juin 2016 | par Labo Des Histoires

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Concours d’écriture à Longeville-lès-Metz : une belle réussite!

En janvier dernier, l’équipe du Labo des histoires Lorraine a rencontré les bénévoles de la médiathèque de Longeville-lès-Metz. Ensemble, ils ont imaginé un projet ambitieux : lancer un concours d’écriture ouvert à tous les jeunes de la commune et des alentours. Du fait du parrainage de Jean-François Clervoy, spationaute né dans cette petite ville de Moselle, le thème était tout choisi : le voyage dans l’espace. Durant 2 mois, les participants ont été invités à se mettre, au choix, dans la peau d’un spationaute ou d’un extraterrestre, et à écrire une lettre aux habitants de la Terre.

Pour promouvoir le projet, le Labo des histoires a organisé, le 30 avril, un atelier d’écriture animé par l’auteur jeunesse Lionel Larchevêque. Durant 2 heures, il  aidé un groupe de jeunes laborantins à s’imprégner du thème et à rédiger leur lettre.

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Grâce au fort soutien de la mairie de Longeville-lès-Metz, qui a permis de faire connaître le concours, près de 100 textes ont été envoyés! Répartis en 3 catégories – jusqu’à 9 ans, de 10 à 14 ans, et de 15 à 25 ans – ils ont été départagés par un jury constitué d’élus de la mairie, de bénévoles de la médiathèque et du réseau Bibliothèque pour Tous, d’un journaliste local et de l’auteur Yannick Monget.

La remise des prix a eue lieu ce samedi 25 juin, lors de la « Fête de l’espace ». Michel Piotrkowski, directeur du Labo des histoires Lorraine, Joëlle Guarrigues, responsable de la médiathèque, et Alain Chapelain, maire de la ville, ont récompensé Pierre, Raphaël et Camille pour les fabuleuses lettres qu’ils ont rédigées. Clou du spectacle : ils ont été félicités par Jean-François Clervoy en personne, qui leur a adressé un message audio.

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Outre la remise des prix aux 3 lauréats, cette Fête de l’espace proposait également aux familles Longevilloises de visiter une exposition et de visionner des vidéos préparées par le club d’astronomie La Grande Ourse de Veymerange, d’écrire des cartes postales en provenance de la Terre, de colorier des planètes, des spationautes et des extraterrestres, de lire les textes des participants et bien sûr de partager un pot de l’amitié.

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Le Labo des histoires Lorraine tient encore une fois à remercier l’équipe des bénévoles de la médiathèque pour leur dynamisme, la mairie de Longeville-lès-Metz pour leur aide précieuse, et le club d’astronomie La Grande Ourse pour l’animation de la remise des prix. Et évidemment, félicitation aux 89 jeunes qui se sont prêtés au jeu de l’écriture et qui nous ont réservé de beaux moments de lecture.

Les textes des lauréats :

+ Pierre Mathis, 9 ans

Le 14 janvier 2020

Cher papi adoré,

Je t’écris de l’Espace. Depuis l’ISS, je vois tous les continents. J’arrive même à voir la muraille de Chine, tu te rends compte ! Je repasse plusieurs fois par jour au-dessus de ta maison. Mais comme tu as la taille d’une fourmi et moi d’un géant, je n’arrive pas à te voir. Je me sens libre et léger comme le vent. Ici, tout est silencieux. Ca me change de d’habitude ! Il n’y a presque pas de gravité alors je peux voler comme Superman… le roi des bananes !

Gros bisous mon Papimouche !

Pierrouche

+ Raphaël Zerlauth, 10 ans

Cher papa,

Je peux voir la muraille de Chine, le grand récif de corail, les rivières, les fleuves mais toi je ne te vois pas. Rien qu’effleurer ton visage et je redeviendrais bébé. Je pense à toi midi et soir et à chaque fois que je regarde la Terre je me dis : mon père est peut-être là. Je te cherche partout mais je ne te trouve que dans mon cœur. Papa, tu es la seule lumière que je peux avoir dans tout ce noir. J’aimerais t’emmener danser avec les météorites, pouvoir nager la brasse dans l’univers et s’arrêter discuter avec les étoiles. Je pourrais te montrer la beauté de l’espace et les astres en train de faire des saltos mais ça, je ne le fais que quand je dors.

Ton fils qui t’aime très fort

Mohammed

+ Camille Dorland, 20 ans

Jour de l’étoile rouge,

Moment de l’éclipse noire Soixante-dix-septième année-lumière

 

Cher Frédérik,

Depuis notre rencontre (lorsque tu as découvert ma soucoupe volante lors de mon atterrissage forcé dans ton jardin), un temps plutôt bref que tu appelles « mois » s’est écoulé. Et j’ai eu le loisir de découvrir ta jolie planète.

Ce minuscule point bleu que nous autres, Végans, observons depuis la Lune lors de nos voyages dans ta petite galaxie, abrite en vérité tout un monde bien plus complexe qu’il ne le paraît au premier abord. Vous autres, terriens, êtes si divers. Quand bien même consacrerais-je toutes mes milles et une vie à vous décrire, je ne manquerais de temps et de mots.

Votre planète est bien plus riche en flores et en faunes que la nôtre, j’ai recensé plus de huit millions d’espèces. Parmi elles, cinq millions sont terrestres et deux millions sont aquatiques. Il existe aussi certaines espèces qui peuvent évoluer aisément dans les deux milieux, comme la nèpe, la grenouille ou le cloporte. Mais aucun chiffre ne saurait décrire l’incommensurable variété qui est la vôtre et qui m’émerveille chaque jour.

Après t’avoir quitté, j’ai commencé par explorer l’océan. J’ai traversé l’Atlantique, nageant avec les tortues marines, puis le Pacifique entre les dents d’un requin blanc. J’ai écouté le chant des baleines au soleil couchant, admiré le chatoiement de la grande barrière de corail et vogué vers l’Arctique en suivant le son des paquebots. J’ai ensuite exploré la terre ferme et ses merveilles. Sur le dos d’un léopard, j’ai exploré des jungles luxuriantes, pleines de couleurs. J’ai galopé à travers le désert des Mojaves, cramponné aux crins d’un cheval sauvage, et survoler l’Himalaya. J’ai observé les étoiles de ta planète, perdu dans la nature. Il aurait fallu être poète pour décrire votre monde, et je ne suis qu’aventurier.

Pourtant, si l’aube est belle du haut du Kilimandjaro, et si rien de vaut la lumière du soir sur les flots d’une mer calme avant une nuit d’orage, ce sont les hommes qui m’ont le plus fasciné. Pour l’être solitaire que je suis, quelle surprise de découvrir que vous vivez tous ensemble dans ces drôles petites boites de bois, de pierre et de verre que vous nommez «maisons», et que ces «maisons» groupées ensemble forment ce que vous appelez «villes». Quelle que soit la couleur de votre peau, vous courrez tous après de petits bouts de métal et de papier, «l’argent» qui vous fait souvent perdre la tête. Mais vous êtes prêt, aussi, à faire bien des sacrifices pour qu’un de vos semblables vous lance un regard. Vous vous querellez et vous réconciliez sans cesse. Vous pleurez, puis riez, plein d’espoir. Vous ne craignez pas de tout détruire autour de vous pour bâtir votre lendemain. Après, vous regrettez le passé et reconstruisez ce que vous avez perdu pour d’aller de l’avant.

Oui. Vous autres humains êtes un bien curieux mélange, à la fois laid et trop beau pour être décrit. Forts et fragiles à la fois, vous êtes capables de donner vie à des rêves si jolis, mais aussi des horribles cauchemars. Vous vous sentez perdus et isolés, si seuls, alors que vous ne l’êtes pas. Il existe entre vous un lien puissant et mystérieux qui vous unis, vous relie à l’autre pour toujours, au-delà de la mort qui vous fait si peur. Une force indomptable souvent, impalpable pourtant et intarissable à jamais : l’«amour».

«L’amour» a fait de moi le plus fervent admirateur de l’humanité, pourrais-tu m’apprendre à le ressentir?

Ton ami de l’espace, V*885, le Végan aventurier


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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