Masterclass Timothée de Fombelle

Publié le 10 septembre 2013 | par Baptiste Pépin

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Comme si vous y étiez : masterclass avec Timothée de Fombelle

Pour l’inauguration des nouveaux locaux du Labo des histoires à la Maison de la Poésie, la Master Class autour de Timothée de Fombelle, samedi 21 septembre dernier, a placé la barre haut et lance la nouvelle saison sur des rails prometteurs. La première heure a permis à l’auteur de Tobie Lolness, Vango ou encore Céleste ma planète de nous éclairer sur ses motivations, son entrain et ses outils d’écrivain. Le tout animé par Fred Ricou,  fondateur du site de littérature jeunesse Les histoires sans fin. Autant d’éléments qui ont servi d’inspiration aux participants durant la deuxième partie de l’atelier, lorsqu’ils ont été conviés à piocher une expression française au hasard et à en raconter les origines… à l’image de Timothée de Fombelle dont le roman Tobie Lolness regorge de ce genre de petites anecdotes.

Pourquoi tombe-t-on dans les pommes ? D’où vient l’expression «  donner sa langue au chat » ? Pourquoi dit-on « Bayer aux corneilles ? ».  Cela vous paraîtra bien évident après avoir lu les histoires de nos jeunes auteurs !

+ Tomber dans les pommes par Amélie et Iris

On se demande souvent comment est-ce que l’on peut tomber dans les pommes, alors que lorsque l’on s’évanouit, les pommes amortissent rarement notre chute. J’ai été témoin de la naissance de cette expression. Un jour de septembre, en milieu d’après-midi Gros Poussin, bien au chaud dans son nid, aperçut trois oiseaux migrant vers le Sud. Depuis quelques jours, il se sentait à l’étroit dans la petite basse-cour et il sut à cet instant qu’il voulait lui aussi prendre son envol. Il sortit à petit pas de son nid douillet, et fit vaillamment battre ses petites ailes. Un mètre, deux mètres, la barrière était passée. Trois mètres, quatre mètres, c’était la liberté. Cinq mètres, c’était fatigant. Six mètres… Aïe, c’est la chute ! Heureusement quelques pommes amortirent le choc. Mais l’effort avait été trop grand pour ses petites ailes qui n’avaient jamais vu le ciel. Il s’évanouit. Un souffle chaud le réveilla. Que se passait-il ? Un groin rose envahissait tout son champ de vision. Il pioupiouta de peur. Le cochon, attiré par le bruit, braqua ses yeux sur lui. Gros poussin, mort de peur, s’évanouit. Une caresse familière le sortit du cauchemar. Maman Poule était là pour le ramener au poulailler. Enfin sauvé ! Il s’évanouit de soulagement dans les ailes de sa maman. Et voilà, depuis ce temps on a coutume de dire tomber dans les pommes.
+ Donner sa langue au chat par Hannah

Au XVII siècles, au château du rois Louis XIV, habitait un chat. Le chat du rois en personne plus exactement. Mais ce chat avait une particularité : il n’avait pas de langue. Celle-ci avait disparu quand le chat était né. Le rois qui ne savait ce que son chat avait lui offrait des mets délicieux et du lait de meilleure qualité. Il s’étonnait souvent (tout le temps) que son « Bébé » ne mange rien, et ne boive jamais rien. Ah, j’avais oublié de dire que son chat se nommait « SOLEIL » : Louis XIV, en l’honneur de celui-ci, s’était fait appeler « Le rois Soleil ». Un jour, le chat devint anorexique, et c’est là qe le roi découvrit la chose. Tellement attristé, il fit cadeau de sa langue à son chat qui guérit et pus vivre normalement. Mais le rois lui, mourut d’une infection quelque mois après que le médecin lui eut coupé la langue pour la donner au chat qui vit encore 60 belle années. C’est de la que vient l’expression « Donner sa langue au chat ».
+ Bayer aux corneilles par Théodore

Tout le monde connaissait Bayer… Bayer, c’était un drôle d’oiseau… Au lieu de passer son temps à dormir, travailler, manger et dormir à nouveau, il passait son temps à rêver et à observer les oiseaux. Quand on sait que tout le monde n’avait qu’un objectif, être reconnu par le patriarche, et canonisé comme un grand homme (ou une grande femme), Bayer, de par sa profession d’ornithologue, voulait voler. Il s’en était fait une passion, depuis tout petit. Il veillait toujours sur le ciel, depuis la terre, regardait si par hasard un vol de corbeau ou de cormorans, voire de corneilles passerait au-dessus de lui, comme pour lui dire : « continue de nous observer, un jour tu pourras nous rejoindre. » Ce fou de Bayer c’était alors mis en tête de pouvoir voler ! Quelle drôle d’idée ! Chacun des êtres censés le voyant affairé à cette tâche se moquait de lui, sans la moindre pitié. Mais Bayer l’ornithologue ne se souciait pas de ce que pouvait penser de lui ces misérables créatures terrestres qu’on appelait les « hommes ». Il se mit à étudier les oiseaux de plus près, pour pouvoir comprendre ce qui leur permettait de planer et de survoler les immenses étendues de terre, d’eau et de… terre et d’eau… Les oiseaux qu’il arrivait le mieux à analyser étaient les corneilles. Il en fit un énorme élevage et y dépensa toute sa fortune… un véritable pigeon ! Pierre Boyer fut vite surnommé « Pierre Corneille » ou encore « Bayer aux corneilles ». Cependant, son rêve devint réalité le jour où il terminera sa première machine volante… qui provoqua sa chute… Pierre Boyer, Pierre Corneille ou encore Bayer aux corneilles mourut en testant sa première machine qu’il avait appelé « Avion ». Mais il n’a pas été totalement oublié… lorsque l’on dit être un Bayer aux corneilles, qui francisé donne Bayer aux corneilles, on est un rêveur invétéré qui a toujours les yeux perdus vers le ciel.
+ Poser un lapin par Lisa et Alexandra

A cinquante ans, Monsieur Garenne avait obtenu son premier rendez-vous galant. C’est sa jeune nièce qui avait arrangé le « coup » avec la fleuriste du village. Il ne savait pas grand-chose d’elle, si ce n’est qu’elle était allergique au fromage et aimait les animaux. Une fois propre et parfumé, il était prêt à partir, avec une petite heure d’avance, au centre du village où devait avoir lieu la rencontre. M. Garenne était un homme très (trop) ponctuel. Juste avant de partir, il ne savait qu’un conseil : ne jamais arriver les mains vides. Il alla dans son jardin cueillir quelques fleurs avant de réaliser qu’il était ridicule d’offrir des fleurs… à une fleuriste. Il se tourna alors vers son clapier, l’ouvrit, et avec un soupir saisit son plus beau lapin par les deux oreilles, et le glissa dans sa besace. Il arriva donc, un lapin sous le bras, au lieu du RdV, bien trop tôt ; il s’assit sur le banc et réfléchit : avait-il tout prévu ? Elle arriverait, sans doute vêtue d’une petite robe à fleurs, avec un chapeau peut-être-quoique la mode en soit passée, lui tendrait la main… lui tendrait la main ? ou la joue ? L’embrasserait-elle ? Oserait-il, lui, M.Garenne, faire le premier pas ? Il eut une illumination : il lui fallait du GUI. Cela simplifierait tout. Il alla donc dans un parc non loin chercher du gui en toute hâte, laissant toutes ses affaires. Il grimpa en haut d’un arbre, et y resta coincé ! Il n’était pas un habitué de l’escalade ! Pendant ce temps, vous l’avez deviné, l’amoureuse arriva et ne trouva ni de M.Garenne ni de gui. Elle ne vit qu’une besace qui s’agitait, et d’où sortit… le plus beau lapin de notre homme. L’histoire fit le tour du village, M. Garenne resta célibataire et l’on dit qu’il fut le premier homme à poser un lapin.
+ Monter sur ses grands chevaux par Rose

Dans un royaume réputé pour sa magie, une habile magicienne discuter avec ses collègues. L’ambiance était chaleureuse, contrairement à dehors où tout était glaciale. La jeune magicienne, du nom de Céleste, était enfaites venu faire en sorte que le tiers-Etats (ceux qui n’avais pas de pouvoir) puissent vivre dans de meilleurs condition. Céleste se transforma en pauvre dame agé et toqua à la porte d’une maisonnette. -Pouvez-vous me laissez dormir chez vous ? demanda-t-elle – Non Madame ! Cria l’homme en lui claquant la porte aux nez. Céleste, dégoûté, lui laissa quand même une dernière chance. Elle se transforma cette fois en jeune femme riche. -Pouvez-vous me laissez dormir chez vous ? -Alors donnez-nous 100 F. Alors Céleste se mit dans une colère noir et transforma l’homme en… cheval. Quand Céleste se met en colère elle monte sur son grand cheval.
+ Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué par Morgane

Soir de veillée. Boucle de miel époussète sa robe en raclant sa gorge. Son dos adhère au vieux fauteuil de chêne comme si elle avait passé sa vie à conter. Cette nuit, une multitude de personnages sont assis sur le tapis de velours à ses pieds. Il y a ce petit bonhomme de bois étrange dont les fils, reliés à des doigts noueux s’étirent, invisibles, vers le plafond ; moult animaux, tous poils confondus, accoutrés de vêtements dignes d’un roman de Kennett Brahas et une toute petite fille emmitouflée dans son chaperon rouge. Silence. Boucle de miel prend la parole et sa voix chaude remplit l’espace comme une pâte à gâteau dans un moule. – Il y a fort longtemps mes amis, j’eu rencontré-tré-tré Les yeux des spectateurs s’arrondissent alors que Boucle recrache une forme molle. – Pain d’épice, veux-tu sortir de là ? Le tout petit bonhomme à bouton sort de la bouche de la grand-mère en se grattant les sucreries derrière la tête et en grommelant. – pardon… je faisais la sieste… Boucle de miel reprend une inspiration, passe un doigt ridé dans tous les coins de sa bouche pour vérifier que ne s’y loge aucun autre locataire et… BAM une porte claque. Les murs tremblent et la sciure tombe du plafond alors qu’un gros loup débouche dans la pièce. -pardon, grogne-t-il, je suis en retard… Boucle de miel plisse les yeux, soupire et reprend la parole : -Bon alors, c’est un ours qui… Soudain tous les regards se tournent vers Bob le cochon. – Pardon… je … j’ai mangé des fayots et je … Boucle de miel l’interrompt en hurlant : VOILA POURQUOI ON DIT « VENDRE LA PEAU DE L’OURS AVANT DE L’AVOIR TUE ! » Et tous s’enfuient de la pièce…
+ Avoir le compas dans l’œil par Paul

Un jour un vieil homme avec encore toute sa forme, se promenait dans la rue, il cueillait des champignons et des plantes médicinales entre les camions bennes et les fast-food, cet homme se nommait Brocard, Professeur Brocard. C’était un scientifique, il était brillant certes, mais un peu détraqué. Pendant qu’il humectait le délicieux parfum du gaz d’un pot d’échappement il vit au bout d’une rue une grande statue, il voulait savoir à combien de mètres celle-ci se trouvait, n’ayant aucun outil pour mesuré la distance et n’en connaissant aucun il courru chez lui fit une potion à base de carotte et fit fondre un steelus champignus plus connu sous le nom de champignon métalique, il mélangea les ingrédients pour obtenir un compas permettant de mesurer les distances il l’accrocha à ses lunettes et parti en courant mais il trébucha dans l’escalier et le compas lui rentrit dans l’œil. La gardienne qui le vit un compas dans l’œil raconta à toute ses amies et c’est depuis ce jour qu’on dit « avoir le compas dans l’œil ».

Pour finir, voici la petite BD de Colville :

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A propos

Chargé des projets éditoriaux et de communication au Labo des histoires. Mission : poursuivre l’excellent travail fait jusqu’ici et participer à l’évolution du Labo. En bref : un Jack Kerouac raté. A côté : journaliste musique/culture, organisateur d’événements culturels.



One Response to Comme si vous y étiez : masterclass avec Timothée de Fombelle

  1. Cô Dung says:

    Formidables ces master class pour les moins de 30 ans!
    Et nous les « vieux », qui n’avons pas eu la chance de telles initiatives, mais avons pourtant tant d’envies et de besoins, que devenons nous ?
    On ne peut même plus s’endetter pour financer ces stages prometteurs et scandaleusement coûteux des associations bien connues.
    On n’a pas envie non plus de se retrouver dans le ghetto des 3è et 4ème âge !
    Ne nous oubliez pas!

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