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Publié le 22 novembre 2016 | par Labo Des Histoires

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Comme si vous y étiez : les ateliers TAP dans 4 écoles élémentaires parisiennes

Camille vous raconte : deux ateliers dans le cadre des Temps d’Activités Périscolaires (TAP) en école élémentaire…

Pour deux mercredis de 15h à 16h30, je me suis rendue consécutivement dans les écoles primaires de Parmentier dans le Xe arrondissement de Paris, et Claude Bernard dans le XIXe pour assister à des ateliers d’écriture. Me voilà entourée de 19 enfants âgés de 6 à 10 ans pour la première, et de 11 enfants entre 8 et 10 ans pour la deuxième.

Dans la cour de récréation, j’imagine déjà le désastre : des tables sur les chaises, des feutres dans l’œil, des cris horrifiés, des pleurs interminables, des tirages de cheveux, des ongles abandonnés, des livres déchirés, des tentatives d’évasion, bref un champ de bataille, la bérézina.

Installés dans la salle de classe on entend les feuilles voler, les crayons s’affairer, bref l’agitation d’un atelier.
Dans le premier atelier, Stéphanie Masson leur a proposé d’écrire une nouvelle, en petits groupes. Certains sont déjà bien avancés, d’autres moins. À ces âges, ça se précipite, les idées fusent, l’imagination déborde. Elle les structure, les aide à préciser, à faire des choix, à traduire. D’un côté il y a boucle d’or dans le jardin du château qui raconte des choses à Clara, qui a pour objectif de donner de l’argent aux pauvres. D’un autre, un chasseur méchant qui habite à Orléans qui veut tuer une louve blanche. Elle : Pourquoi un chasseur ? Lui : Pour faire comme son père. Elle : Pourquoi il veut tuer la louve ? Lui : Parce qu’elle a tué son père. Ceux qui ne savent pas encore bien écrire, dessinent ce que les autres écrivent, parfois ça ressemble à un joyeux bordel, quelques livres en vrac mais tout se règle très vite et chacun avance.

table d'élève lors de l'atelier

Dans le deuxième atelier, Marie Willaime travaille sur le conte. Plusieurs des enfants présents n’ont pas choisi cette activité, voient dans l’écriture encore un énième exercice scolaire. Elle les amène alors à écrire sans qu’ils s’en aperçoivent, la voilà qui déborde à son tour d’énergie, d’imagination, c’est saisissant. Dans cet atelier tout le monde est en mouvement. Ils reçoivent des lettres d’un personnage – dont le nom m’échappe – emprisonné dans une cellule humide où il y des rats et où on ne mange pas beaucoup – un bol de riz par jour – ça fait un gros ventre. À chaque lettre reçue, une lecture, à chaque lecture une question, à chaque question une réponse, à chaque réponse un écrit. Ni vu ni connu, chacun écrit une réponse, la met dans un verre géant que Marie a ramené. Une fois rempli, elle le dépose dans la classe d’à côté le temps qu’un marabout qui fait le lien entre le prisonnier et les enfants le récupère. Ni une ni deux, ils reçoivent une nouvelle lettre. Ils doivent inventer une machine pour l’aider à s’échapper, sortir de l’enfer. Il faut alors la dessiner et écrire la notice de fonctionnement. Tous s’y mettent, il y en a même une qui a fabriqué un chapeau volant qui perce les murs.

 *

Et dans les autres ateliers, comment ça se passe ? Voici un aperçu !

tableau

À l’atelier manga de Jonathan Eliaszewicz, il y a de l’enthousiasme, des idées, de l’énergie. Les dix-huit élèves inscrits à l’atelier manga de l’école Keller du XIe arrondissement s’installent, se distribuent des feuilles et des crayons. Jonathan rappelle ce qui a été appris la dernière fois puis très vite, la nouvelle séance se met en route. Ce mardi, les élèves vont se concentrer sur le character design, la création de personnage. Quels éléments sont nécessaires pour créer un personnage ? Petit à petit, les idées viennent : il faut faire un croquis, avoir son visage, connaître son apparence. La carte d’identité du personnage se profile ; avec l’aide de l’intervenant, les élèves repèrent les notions à faire figurer pour définir leur personnage. Jonathan fait quelques esquisses au tableau, glisse des conseils, puis c’est le moment pour les petits mangakas de se mettre au dessin : ils sont encouragés à faire travailler leur imagination, à ne pas copier des personnages qu’ils connaissent déjà et petit à petit, la diversité de leurs personnages se révèle.

dessin d'élève dessin d'élève dessin d'élève

Une femme guerrière, un homme-loup, une danseuse… Tandis que leurs idées prennent forment sur le papier, ils échangent avec Jonathan, apprennent à dessiner une main, s’enthousiasment en partageant des références de personnages de mangas et restent tous impressionnés lorsque Jonathan leur montre une de ses planches. – C’est bien lui qui l’a fait, oui oui, est-il obligé de préciser pour convaincre les élèves admiratifs. L’atelier se poursuit, les personnages se précisent et la fin de l’heure sonne déjà ! Rendez-vous la semaine prochaine pour poursuivre le character design

tableau

À l’école Championnet dans le XVIIIe arrondissement, les quatorze élèves de CP ont joyeusement rejoint la classe en compagnie de Cyril Capelle, prêts à reprendre l’atelier chanson. Ce mardi, un élève a une proposition à faire pour débuter la séance. « On a mis la police en prison », ainsi commence la chanson du jour ! Reste à construire la strophe… Et se rappeler ce qu’est une rime ! Pas facile, avec une phrase d’aspect un peu contradictoire, de trouver une suite, ni de trouver des mots en « – on » mais petit à petit, l’imagination et la réflexion s’ouvrent et les propositions sont de plus en plus nombreuses. Doucement, la strophe se construit, Cyril prend sa guitare et crée intuitivement une mélodie, les apprentis paroliers peuvent continuer à développer leur chanson. Nouvelle strophe, nouvelles rimes, qu’est-ce qui sonne en « –aule » ?: hall, football… Rôle ! C’est parti pour un nouveau vers et bientôt, c’est une strophe de plus qui s’ajoute à la chanson. Encore une dizaine de minutes et la troisième strophe voit le jour, la chanson est prête ! Cyril la chante à la guitare avant que les élèves-paroliers ne s’avancent vers lui, attirés par l’instrument. Fin de séance : c’est le moment pour eux de s’essayer à la guitare, gratter un peu les cordes sous les conseils de Cyril, les voilà ainsi de complets apprentis musiciens et paroliers, prêts à continuer le mardi suivant.

Cyril à la guitare

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A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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