Comme si vous y étiez

Publié le 9 avril 2015 | par Labo Des Histoires

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Comme si vous y étiez : la MasterClass avec Florent Kieffer

C’était la première MasterClass du Labo en Lorraine ! L’auteur Florent Kieffer nous l’a donnée vendredi 3 avril à la Taverne du Livre, à Nancy. Une rencontre rythmée par plusieurs lecture d’extraits et un atelier d’écriture basé sur le hasard.

Florent Kieffer nous a d’abord lu les premières pages de Dernière vie d’ange. Pour ce livre, l’auteur s’était donné un mot d’ordre : ne pas se censurer, accepter et intégrer dans l’histoire toutes les idées qui lui passent par la tête. L’auteur a voulu tout essayer. Ainsi, l’histoire comprend de nombreux personnages, de nombreuses situations. Le récit n’est pas linéaire mais est un puzzle qui se construit au rythme des apparitions des personnages, de leurs actions, de leurs rencontres. Lecture d’un exemple : un chapitre se termine sur un homme écrasant une mouche qui s’était posée sur son épaule. Le chapitre suivant conte l’histoire de cette mouche, qui est considérée comme un personnage à part entière.

Puis, au tour d’Aucune des nuances de l’âme. Pour ce livre, l’auteur a voulu essayer la démarche inverse : aller à l’essentiel, faire des phrases courtes et claires, rythmées. Au début de l’histoire, les personnages sont épurés et prennent vie au fur et à mesure des situations et des rencontres. Pour illustrer ses propos, l’auteur lis la description de La Mère, un des personnages. Elle n’a pas de prénom. Elle est décrite à travers ce qu’elle voit dans son miroir et ce qu’elle se dit le matin en se levant. Un autre personnage, DJ Spooky, est décrit à travers sa conversation avec le héros. L’auteur nous confie qu’une lectrice lui a fait remarquer un jour que son roman ne comporte aucun adjectif. Une des participantes à la Masterclass nous dit qu’elle n’avait trouvé aucun adverbe.

Un prochain livre en septembre prochain

Florent nous fait ensuite découvrir son livre qui n’est jamais paru, Odyssée des angles morts. Il y a voulu créer une « robinsonnade moderne » : un homme vit chez une femme sans que celle-ci ne le sache et ne le remarque. Il doit trouver des stratagèmes pour y vivre, s’y nourrir sans qu’elle s’en rende compte. Il nait alors une relation étrange entre les 2 personnages, l’homme tombe amoureux de la femme alors que celle-ci ignore son existence. Un jour, à la suite d’une fuite d’eau, la femme fait appel à son voisin du dessus pour l’aider. L’homme assiste ainsi au coup de foudre de sa bien-aimée avec un autre…

Son prochain livre, lui, n’a pas encore de titre. C’est le premier que Florent écrit à la première personne. Il y raconte l’histoire d’amour entre Paul et Virginie. La rédaction lui a pris quatre ans, du fait que l’utilisation du « je » demande plus d’implication et en même temps plus de recul. Il sortira en septembre prochain.

Les déambulations de l’écrivain

Florent nous parle de sa façon d’écrire, de sa façon d’alterner passages totalement spontanés qu’il relit peu et ne corrige pas, et passages plus travaillés qui nécessitent maintes relectures et maintes corrections.

Il nous parle du déroulement de ses journées, du fait de se lever le matin en se demandant « Qu’est-ce-que je fais aujourd’hui ? Est-ce que je continue mon histoire ou est-ce que je relis ce que j’ai déjà fait et je procède à des corrections ? », de la nécessité de rester « frais » toute la journée pour que la qualité d’écriture soit la même le matin, l’après-midi et le soir.

Lorsqu’il n’a pas d’inspiration, il se promène sans but en ville et dès qu’une idée lui vient, qu’elle ait ou non un rapport direct avec le récit en cours, il sort son carnet et se met à écrire. Il compare ces petits bouts de phrases qu’il note à de l’argile : il a ainsi matière à travailler, et l’objet prendra forme dès lors qu’il trouvera un moyen de les intégrer au reste du récit. Il s’oblige à ne rien raturer dans son carnet, car tout est éventuellement utilisable.

Place à l’atelier d’écriture

Florent Kieffer avait pré-enregistré  les consignes de l’atelier, qui passent à travers les haut-parleurs de la taverne.

Les laborantins sont d’abord invités à se promener dans les rayons de la taverne. Florent nous demande de prendre un livre au hasard, de sélectionner une page, et sur cette page, de noter le troisième mot figurant sur une ligne donnée. A trois reprises. Les laborantins sont ensuite invités à s’asseoir, et à noter une phrase comprenant ces trois mots. Ils doivent écrire une phrase d’un poème dont ils se souviennent, puis écrire trois mots d’une langue étrangère.

Florent demande alors de se souvenir du prénom de l’auteur du premier livre que l’on a choisi : ce sera le nom de notre personnage. Il nous demande ensuite d’inverser les deux derniers chiffres de notre date de naissance : ce sera l’âge du personnage. Florent donne ensuite ces consignes : « À partir des mots notés précédemment et du personnage créé… Tu peux ne rien écrire sur ta feuille. Tu peux écrire tout autre chose. Tu peux commencer son portrait par « Ainsi s’acheva la vie de… ». Tu peux commencer son portrait en décrivant ce qu’il voit dans le miroir.  Tu peux lui écrire une lettre. »

Les laborantins sont enfin invités à lire leur création, sans que personne ne fasse de commentaire.

 

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