Comme si vous y étiez Comme si vous y étiez : De la plume au plateau avec Lucas Olmedo

Publié le 16 janvier 2013 | par Aurélie Laurière

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Comme si vous y étiez : De la plume au plateau avec Lucas Olmedo

Jeudi 13 décembre, même heure, même lieu. Quelques têtes connues aussi. On pourrait croire à un éternel recommencement, à un détail près : l’atelier du jour se propose de nous familiariser avec une forme d’écriture un peu spéciale, celle qui sert de point de départ au théâtre ou au cinéma.

Deuxième nouveauté : Lucas Olmedo, dramaturge et metteur en scène argentin, arrive accompagné d’un assistant, Chap Rodríguez Rosell, un comédien de sa troupe qui a l’air bien décidé à réchauffer l’atmosphère. Sans aucune présentation, Lucas entre dans le vif du sujet. « Quand on écrit pour le théâtre ou le cinéma, tout commence avec une idée. Une idée qui peut être de plusieurs types : sélectionnée, lue, verbalisée, transformée ou suggérée. » En clair, tout part souvent d’un souvenir, d’un fait divers ou d’une histoire que quelqu’un nous a racontée… L’intervenant insiste : « C’est pourquoi il faut en permanence ouvrir l’œil et tendre l’oreille. La vie quotidienne est un matériau formidable ! »

Dans l’assistance, certains prennent des notes tandis que d’autres écoutent l’air perplexe. Mais où donc veut-il en venir ? Que va-t-il nous demander ?

Pas avare de conseils, le jeune Argentin poursuit. Une fois qu’on tient une bonne idée, il convient de réfléchir à tout ce qui va entourer la pièce : l’espace, le contexte. « Faire des listes peut être un bon moyen de poser les bases. » Et pour ça, petit retour sur les éléments indispensables d’une intrigue, sur le fameux « schéma dynamique ».

Ça y est, les choses s’éclaircissent… et on a vraiment l’impression de pénétrer dans l’intimité d’un auteur ! « Alors, ça travaille comme ça un auteur… ». 

Comme si vous y étiez : De la plume au plateau avec Lucas Olmedo

À l’aide d’une métaphore, Lucas aborde ensuite un point capital : la correction. Selon lui, c’est à cette étape du processus créatif que la singularité émerge ou non. « On prend un pot de peinture, on le jette sur une toile blanche. Puis, on recule et on réfléchit. Enfin, on se met au travail et l’œuvre prend forme. » Il attire aussi notre attention sur ce qu’il nomme « l’extra scène ». Et oui, il faut prendre en compte tout ce qui ne tient pas sur le plateau et motive pourtant ce qu’il s’y passe.

Lucas, qui a assez parlé à son goût, propose que chacun ouvre au hasard le livre qu’il a apporté pour en extraire des mots et des phrases qui flattent autant l’œil que l’oreille. L’exercice est plutôt amusant : les têtes se penchent, les pages se tournent. Et c’est souvent lors de leur lecture à haute voix que les bribes de textes prennent tout leur sens :

« Je me soucie de lui comme d’un bouton de culotte. » ; « Américains d’Amérique » ; « Mademoiselle, vous avez un visage intéressant, j’aimerais peindre votre portrait. » ; « moustache » ; « rédacteur en chef » ; « J’avais besoin d’un petit col. »

Étape suivante : devant nos yeux ébahis, Lucas étale sur la table de nombreuses photos extraites de films. En noir et blanc ou en couleurs, elles sont drôles ou mélancoliques, incongrues ou familières… Chacun s’empare du cliché qui l’attire spontanément : un enfant déguisé en Spider-Man, de très jeunes boxeurs, une cité pavillonnaire d’Amérique du Nord au crépuscule, un chirurgien endormi en salle d’opération, un corps flottant dans un supermarché, un homme et sa voiture sous la pluie… Exercice imposé : imaginer un court dialogue à partir de la photo choisie et y insérer les mots et les phrases isolés précédemment. Plus moyen de reculer, c’est le moment de se lancer.

Comme si vous y étiez : De la plume au plateau avec Lucas Olmedo

Lecture ou répétition – c’est comme on voudra –, les répliques s’enchaînent et les rires éclatent : personne n’a manqué d’inspiration !

Les textes des participants :

+ Jean – Le petit Spider-Man

– Spider-Man. Je suis Spider-Man, l’homme-araignée ! Le plus grand et le plus fort des Américains d’Amérique ! Et New York a peur de moi ! Soudain une voix venant de l’autre côté du mur lui répond : – Non, le plus fort des Américains d’Amérique, c’est moi ! – Qui es-tu toi ? – Batman ! L’homme chauve-souris. – Batman ? Mon ennemi juré ! Si tu es vraiment le plus fort des Américains, saute de ton trottoir et viens te battre ! – Non, c’est à toi de venir. – Tu vois ? C’est moi le meilleur. Mais ça ne me permettra pas d’acheter le Picasso dont j’ai envie.
+ Aurélie – Le chirurgien qui fait la sieste

– Docteur Delartelle, Docteur Delartelle ! – Mmmmm arrgghhh Corine, je vous avais dit de ne pas me réveiller ! Enfin, depuis le temps, vous savez très bien que si je fais ma sieste en salle d’op’, c’est justement pour que personne ne me dérange ! – Je sais Docteur Delartelle. Mais, mais, c’est le journaliste, vous savez pour M6. Ce Jérôme Zursz ou Tzurs, il est à l’accueil il dit… – Il dit quoi ? – Il dit que c’est son rédacteur en chef qui l’envoie… – Ils disent toujours ça. Et alors ? Ce Jérôme Truc, moi, je me soucie de lui comme d’un bouton de culotte ! – C’est qu’il dit qu’il est là pour commencer le reportage… – Mais quel reportage ? Enfin Corine, vous allez réussir à finir vos phrases oui ou non ? – Mais le reportage « 48 heures dans la peau d’un chirurgien ». Il dit que vous aviez dit oui. – Non ce n’est pas possible ! J’avais complètement oublié. C’est une catastrophe !
+ Rémi – Incident dans la cité pavillonnaire

– Markovitch ? – Hmm ? -Depuis combien de jours est-elle là cette voiture ? – Mmhh… je ne sais pas. Trois, quatre jours peut-être… Je ne sais pas vraiment, attends voir, je revenais de chez Pablo le coiffeur, qui m’avait coupé ma mèche. Puis je me suis arrêté à la mercerie, chez Dora, j’avais besoin d’un petit col, ça devait être lundi. – Le soir où elle a piqué un fard et foutu la vieille Mitchell dehors ? – Exact. Elle est pas commode la Dora, l’est encline aux orages et aux éclats. – Mais quand même, la Mitchelle, avec ses vieux chaussons verts dégoutants, elle pourrait faire un effort. – Ça c’est vrai. Mais avant c’était une beauté la Mitchelle. J’me souviens d’un peintre qui l’a abordée un jour là, en face de notre porche. Il lui a dit « Mademoiselle, vous avez un visage intéressant, j’aimerais peindre votre portrait ». – En tout cas, ça ne me dit pas pourquoi elle est là, cette voiture. J’irai demander aux voisins demain matin.
+ Farid – Sur le ring

– Pendant onze ans de ma vie j’ai pratiqué la boxe mais pour être précis 11 ans et 9 mois car mon père frappait ma mère, mais elle s’y est fait. Elle a quitté mon père puis moi je suis au milieu de tout ça. Vous connaissez bien la légende des alcooliques, et puis disant à ma mère, pourquoi pleures-tu ? Ma mère pensait que ce n’était pas de cette manière que l’histoire se terminerait.
+ Julie – Scène de ménage sous la pluie

– Si ton fils n’était pas un pauvre soulard, nous serions pas plantés ici en pleine nuit et je n’aurais pas à jeter mon costume neuf ! – Et si tu étais moins égoïste et que ton monde arrêterait de tourner autour de ton costume et de ta moustache, ton fils n’aurait pas eu à t’oublier ! – Je me préoccupe de ce qui peut permettre à notre famille de s’en sortir. – Et bien commence par sortir la voiture de ce bourbier !
+ Ariane – Mission flottante

– Encore un cas abandonné, là, comme ça. – Ces gens n’ont-ils donc pas de familles ? – Encore conscientes ? Le cas se raréfie. – A-t-on identifié la cause de cette épidémie ? – Vous ne lisez jamais les rapports, vous. Non, les quelques médecins restants n’ont aucune explication. – On ne sait même pas si c’est contagieux ? – À notre retour, nous aurons notre réponse. – Quoi ?! On ne m’avait pas dit que cette mission était dangereuse ! – Du calme, l’ami. Ce n’est pas comme si vous aviez pu refuser. Une fois engagé, on ne peut plus reculer.

Lucas et Chap semblent satisfaits. « Maintenant que vous avez de bonnes situations de départ, il faut organiser vos idées ! » Mission n° 2 : imaginer le cadre de la scène fraîchement rédigée. Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? Quand ? Beaucoup de questions auxquelles il faut répondre…

Les textes des participants :

+ Jean

Personnages : Spider-Man, 8 ans, qui sèche les cours pour faire régner la justice dans New York ; Batman, 7 ans, qui sèche aussi les cours. Histoire : Spider-Man est persuadé qu’il joue un rôle important dans la justice de sa ville, il veut aider les bons et éliminer les méchants. Du haut de son trottoir, il s’aperçoit un jour qu’il n’est pas le seul à veiller sur la ville. Un autre môme est là aussi, déguisé en Batman, dans le même but. Lieu : une rue de New York, dans l’angle d’une petite boutique. La rue est très animée. L’époque : mardi 14h52, en 1999. Nous sommes en septembre, en pleine période scolaire.
+ Aurélie

Les personnages : Le docteur Grégoire Delartelle, chirurgien ; Jérôme Zursz, journaliste pour « 48 heures dans la peau de… », une émission d’M6 ; Corine Tournon, infirmière, secrètement amoureuse du Docteur Delartelle ; Jean-Marc Laroche, rédacteur en chef de « 48 heures dans la peau de… ». L’histoire : Jérôme Zursz, ancien étudiant en médecine, de la même promo que Grégoire Delartelle, et qui a échoué au concours de l’internat, est malade de jalousie face à Grégoire Delartelle. Devenu journaliste, il veut utiliser l’occasion d’un reportage pour ridiculiser son ancien camarade. Corine, l’infirmière en chef du service de Delartelle va surprendre une conversation téléphonique et deviner ses intentions. Lieux : un hôpital. Les scènes se déroulent soit dans la salle de garde, soit dans le bureau de Delartelle. Époque : contemporaine. La durée de la pièce : le temps du reportage, soit 48 heures.
+ Farid

C’est l’histoire de trois garçons d’une dizaine d’années, hauts comme trois pommes, gueules d’ange. Il y a Louis, Oscar et Paulo. Les trois n’étaient pas prédestinés à devenir des acteurs majeurs de leur génération. Tous ces personnages avait une ambition : réussir dans la vie, mais il y en a certains qui avaient plus de facilités que d’autres. Le conflit qui réunit ces trois personnages c’est la peur. L’espace où se passe la scène se situe à travers plusieurs époques, du XVIIIe siècle en passant par le XIXe et puis le XXe.
+ Julie

Les personnages : Jean-Edouard de Saint-Claire, petit commercial, mari d’Eugénie ; Eugénie de Saint-Claire, femme de Jean-Edouard, belle permanente ; Guillaume de Saint-Claire, le fils. Souhaite devenir marionnettiste mais son père refuse et tente depuis toujours de faire de lui un juriste. L’histoire : le fils est parti et ses parents partent à sa recherche. La scène se passe sur une route de campagne, en hiver, dans les environs de Toulouse. La pluie redoublait, claquant toujours plus violemment sur le capot de la caisse enlisée jusqu’aux essieux, entre les champs de tournesols en friche. Jean-Edouard se tenait debout au beau milieu de la route constatant les dégâts. Même les meilleurs teinturiers de Paris ne pourraient plus rien.
+ Ariane

Les personnages : deux espions, un ancien : Damien Berry ; et un nouveau : Éric Dulac. Les deux sont au service du roi. L’histoire : il y a une épidémie dans le pays voisin, qui est mis en quarantaine. Le roi frontalier décide d’envoyer deux espions pour enquêter sur l’épidémie. Pendant ce temps, chez les malades, les esprits s’évadent et ne parviennent plus à s’unir avec le corps. Au fur et à mesure de la maladie, le corps s’allège jusqu’à flotter (l’esprit le maintient au sol). L’esprit a du mal à contenir la mémoire. Elle s’efface peu à peu. Les esprits peuvent communiquer entre eux, mais ne savent pas pour la plupart ce qui leur est arrivé. La scène se déroule dans un supermarché abandonné.

Des ébauches de pièces, films ou séries télévisées commencent donc à se dessiner. Lucas distille encore quelques principes : pour étoffer une situation de départ, on peut procéder par association ou bissociation d’idées (un procédé consistant à rapprocher des éléments opposés). Ultime recommandation : « Il vaut mieux rêver la pièce que l’écrire ».

Comme si vous y étiez : De la plume au plateau avec Lucas Olmedo

Comme être auteur, c’est bien sûr écrire, mais aussi et surtout réécrire, corriger, retoucher et peaufiner, Lucas nous demande un dernier effort : reprendre, introduire ou poursuivre notre dialogue à la lumière des derniers éléments fixés (temps, lieu, personnages…). Et voilà que tout le monde se penche à nouveau sur sa copie. On n’aura décidément pas chômé !

Les nouveaux textes des participants :

+ Jean (réécriture)

À l’angle d’une des avenues de New York. Tout semble normal, les voitures passent et repassent, les gens marchent… Mais là, à l’angle d’une petite boutique, Spider-Man ! Qui veille sur la ville du haut de son trottoir. Mais il ne s’est pas aperçu que son rival Batman se tenait de l’autre côté de l’angle. Ils ne bougent pas, ils veillent sur la banque. Un vieux monsieur passe et regarde Spider-Man. – Qui es-tu toi ? – Je suis Spider-Man ! Finalement les deux super-héros se décident à se rencontrer, à descendre du haut de leurs trottoirs. Convaincus d’être de force égale, ils décident de protéger ensemble la ville. Ils réalisent des actions qu’ils croient humanitaires comme aider les grand-mères à soulever leurs caddies ou éliminer les vers de terre des squares de la ville. Malheureusement, les parents vont s’apercevoir qu’ils ne vont pas à l’école et vont les priver de sortie.
+ Aurélie (suite)

– Jérôme Zursz, du magazine « 48 heures dans la peau de… » – Enchanté. Écoutez, je vais être honnête avec vous, j’avais complètement oublié que le tournage avait lieu cette semaine… Je n’ai même pas prévenu mon équipe. – For-mi-dable. La recette de « 48 heures dans la peau de… », c’est du réel, du vécu, de la spontanéité, de la peau, du sang si je puis dire…
+ Rémi (introduction)

Camille était assis dans son lit, en pyjama, et regardait les nuages s’enfuyant vers le sud. Il faisait déjà doux pour un début de mois de mai, mais les phares n’avaient pas cessé d’aller et venir depuis plusieurs semaines. Il faut dire qu’il n’y avait plus grand-chose à faire à M., cette ville où ses habitants ne semblaient que dormir. Seule excitation notable, cinq jours plus tôt, la fin de la course de voitures, qui s’était terminée juste à côté de chez eux. Trois femmes en étaient sorties et avaient fui à travers le jardin. Il regardait déjà les nuages cet après-midi-là, le menton posé sur le rebord de la fenêtre. L’un des fuyards l’avait remarqué un instant avant de passer le coin de sa maison et lui avait jeté un clin d’œil. Suli, sa mère, et bon papa Markovitch sortirent sur le porche comme d’habitude pour prendre l’air. La porte claqua.
+ Farid (suite)

Paulo dit : – Pendant onze ans de ma vie je me suis donné à l’écriture d’ouvrage et c’est pas fini. Oscar lui répond : – Pourquoi ne donnes-tu pas des cours d’écriture ? Louis intervient : – J’ai dû quitter ma patrie, mes enfants, le château de la ville, le peuple s’y est fait. Paulo : – Pourquoi pleures-tu ? Louis : – J’espère qu’ils ne vont pas se disputer. Ces trois personnages sont devenus des acteurs de leur génération sauf un, Paulo Coelho, qui pour moi reste un maître dans l’art de manier les mots, et de définir la vision philosophique des choses. Les autres sont Louis XVI et Oscar Wild.
+ Ariane (suite)

Voix 1 : Où suis-je ? Voix2 : Nulle part je crois. Voix 1 : Qui es-tu ? Voix 2 : Personne, pour l’instant. J’ai sans doute été quelqu’un mais j’ai oublié. Il vaut mieux oublier qui on est je crois. Voix 1 : Je crois que ce corps, là, c’est le mien. Voix 2 : C’est possible. Mais ne t’en fais pas pour ça. Tu l’auras vite oublié. La mémoire ne tient pas « ici ». Voix 1 : Des gens approchent. Des gens bien vivants, avec des corps ! (Dialogue précédent) Dulac : Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce qu’on me confie ce genre de mission d’espionnage. Berry : Vous seriez surpris par ce que l’on m’a confié. Vous vous attendiez à déjouer des complots internationaux, pas vrai ? Dulac (grognement inaudible) : Revenons à nos malades. Pourquoi flottent-ils ? Berry (agacé) : Je vous l’ai dit, on n’en sait rien ! Seulement que c’est lié à l’avancement de la maladie.

Incroyable de constater jusqu’où une image saisie à la volée, des mots extraits par-ci par-là et notre imaginaire ont pu nous emmener ! Agréablement surpris par les textes produits, Lucas nous félicite et nous encourage à poursuivre nos pièces. « N’hésitez pas à me contacter pour me poser toutes les questions que vous voulez. » Et oui, écrire s’apprend… et les auteurs sont là pour nous guider. 


A propos

Chargée de projet éditorial au Labo pendant six mois. Mission : promouvoir les ateliers, stages, master class et K.O. des MOTS. Faire en sorte qu’on en parle, qu’on en parle partout et qu’on en parle en bien. En bref : écrire au sujet de l'écrit. Avant, après et à côté : journaliste culture.



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