Comme si vous y étiez

Publié le 12 mars 2015 | par Labo Des Histoires

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Comme si vous étiez : Valérie Tong Cuong à L’Ecailler

La question était vaste et ça tombait bien, car Valérie Tong Cuong avait tout son temps pour y répondre, le
vendredi 6 mars, à la librairie L’Ecailler (Paris XVème). Ou plus exactement pour répondre à l’écho que son dernier livre paru chez Lattès, Pardonnable, impardonnable, avait fait naître en nous, lecteurs. « Depuis que mon roman (le 10ème, déjà!) est sorti, nous confie la blonde et fine jeune femme à l’aise dans un canapé comme dans son propre salon, je rencontre effectivement beaucoup de gens qui me disent que mon livre les a véritablement poussés à s’interroger afin de savoir si pour eux aussi, le temps du pardon n’était pas venu. »
Ensemble, dans un échange d’une rare qualité, en équilibre entre expériences personnelles et philosophie, nous avons débattu sur le fait de pardonner à celle ou celui qui, un jour, vous a blessé ou trahi. « Cela se passe souvent au sein d’une famille, ou dans un couple », rappelle VTC, évoquant ce qui peut nous pousser ou nous retenir de le faire. Sans dévoiler le détail de la partie auto-biographique de son livre, Valérie Tong Cuong nous raconte comment elle a pardonné après des années minées par la colère, la haine, le désir de vengeance, l’amertume, et combien cela lui a été bénéfique. « Pas besoin de savoir si l’autre regrette, ou s’il souhaite être pardonné, l’important est de faire la démarche de pardonner », affirme-t-elle avec en manière d’exemple, l’histoire qui lie les personnages de Pardonnable, impardonnable.

Les lecteurs nombreux

Tandis que fusaient les questions sur son travail, l’auteure a littéralement démonté le mécanisme de son talent d’écrivain. Comment venait l’idée maîtresse au centre du livre. Comment les personnages se présentaient à elle, dans leur nudité, leurs forces, leurs faiblesses et leur personnalité qu’elle met en scène au fur et à mesure que le roman avance, un roman choral, en l’occurrence, qui l’a obligée à se glisser dans la peau de chacun des personnages, et d’endosser les conditions de leur passé douloureux et leur vie après l’élément déclenchant du roman: un enfant qui tombe de sa bicyclette et se retrouve à l’hôpital, dans le coma. Emportée dans le tourbillon d’une haine familiale particulièrement toxique, Valérie Tong Cuong s’est tout de suite trouvée confrontée à une réalité qui la dépassait presque : soit les acteurs de l’histoire se pardonnaient et l’enfant vivait, soit ils restaient sur leur rancœur et l’enfant ne s’en sortirait pas.
Au bout de deux heures de conversation à bâtons rompus, parfois vraiment très proche de l’intime, l’auteure a quitté la librairie comme à regret. Elle fait partie de ces écrivains qui aiment l’atmosphère feutrée des librairies, et se nourrit des passions qu’elle inspire à ses fidèles lecteurs. De plus en plus nombreux depuis le succès de L’Atelier des miracles, qui fera bientôt l’objet d’un film.
Dominique Bonnot, journaliste

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