IDF-Est

Publié le 31 octobre 2019 | par Labo Des Histoires

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Ateliers slam à la Maison d’arrêt de Villepinte

Cette deuxième semaine des vacances de la Toussaint a été l’occasion pour le Labo des histoires Île-de-France Est d’initier un nouveau partenariat : avec la Maison d’arrêt de Villepinte. Audrey Chenu, slameuse et auteure de Girlfight, un texte autobiographique publié en 2013 aux Presses de la Cité, a animé un cycle de 4 ateliers avec un petit groupe de jeunes détenus. Elle leur a d’abord fait découvrir des textes de rap (Rêves Illimités de Casey, pour les allitérations, par exemple), ou de slam, dont un écrit par elle :

Ma bouche est une cascade, dont les mots s’évadent/ quand mes lèvres dessinent des ondes/ c’est l’univers que je sonde !/ Ma langue est une vague qui s’active sans relâche/ mais sur quelle rive iront s’échouer les mots que j’crache ? Comme l’eau d’une fontaine, mes idées ne s’arrêtent jamais/ De mon esprit mal arrimé, suis-je la capitaine ?/ Mes pensées abondent/ mais ne suffisent pas à noyer toute la misère du monde/ Dans les eaux profondes, je ne me suis pas égarée/ Des amitiés fécondes m’ont sauvée, à la vie je suis amarrée/ même si mon coeur vagabonde…/ Les coups pleuvent mais j’suis toujours dans la course/ car ma rage est un fleuve qui prend sa source/ au creux d’une montagne d’injustices qui sévissent/ et qui tissent leur toile dans le monde…/ Glissons dans ses interstices au lieu d’entrer dans la ronde !

Puis elle leur a proposé divers jeux pour combiner écriture et oralité, afin d’explorer différentes thématiques et figures de style. Elle les a ainsi fait s’inspirer d’une lettre de Frida Kahlo à Diego Rivera, construite à partir d’une anaphore, pour décrire eux aussi leur nuit :

Ma nuit est comme un grand cœur qui bat/ Il est trois heures trente du matin/ Ma nuit est sans lune/ Ma nuit a de grands yeux qui regardent fixement une lumière grise filtrer par les fenêtres/ Ma nuit pleure et l’oreiller devient humide et froid/ Ma nuit est longue et longue et longue et semble toujours s’étirer vers une fin incertaine/ Ma nuit me précipite dans ton absence/ Ma nuit est un cœur en serpillière/ Ma nuit voudrait bien t’appeler mais elle n’a pas de voix/ Ma nuit ne porte pas conseil/ Ma nuit hurle et déchire ses voiles, ma nuit se cogne à son propre silence…

Ou encore, elle les a fait réfléchir à la figure de la comparaison, en leur proposant d’écrire sur « leur plus grande peur », « leur plus grande joie » ou « leur plus grande colère ». La collaboration entre le Labo des histoires Île-de-France Est et la Maison d’arrêt de Villepinte devrait se poursuivre, pour d’autres cycles sur des vacances courtes, ou pour des cycles plus réguliers.


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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