Grand Est

Publié le 8 mai 2019 | par Labo Des Histoires

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atelier franco-luxembourgeois à la KuFa

Mardi 7 mai 2019, le Labo des histoires était à la Kulturfabrik, au Luxembourg, pour y
mener un atelier d’écriture réunissant les élèves du collège Théodore Monod de
Villerupt (FR) et ceux du lycée Belval d’Esch-sur-Alzette (LU). Cet endroit,
qui était autrefois un abattoir, est aujourd’hui un lieu dédié à culture tous
toutes ses formes (musique,  cinéma,
littérature, théâtre…), emblématique et incontournable de la vie
luxembourgeoise. Fruit du hasard, ce lien entre mort et vie, entre destruction
et renaissance a largement été abordé dans les créations littéraires des 35
élèves, âgés de 14 à 20 ans, rassemblés pour cette séance exceptionnelle.

C’est plus précisément sur la thématique de l’écologie et de
la surabondance de plastique qu’ont travaillé les jeunes gens, guidés par la
journaliste, traductrice et autrice Anita Gretsch, et l’auteur jeunesse Jérémy
Semet.

La séance a commencé par la lecture de la légende
amérindienne du colibri, popularisée par Pierre Rabhi :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie
de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le
désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes
avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par
cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ?
Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « 
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma
part. » »

A l‘image de la
multiculturalité du Luxembourg, cette fable a été traduite par les élèves de
Belval en luxembourgeois, allemand, portugais et anglais.

Les jeunes gens ont
alors été interrogés sur le sens de ce court récit :

« Quel est le
rapport avec le plastique, alors que le mot n’est pas cité ?
– Elle signifie que chacun doit faire sa part, changer une petite habitude
pour réduire le plastique et éviter qu’il se retrouve dans la mer par exemple. 
–  Ca veut dire que chaque geste compte, même si c’est un tout petit geste ;
c’est mieux que de ne rien faire du tout ».

A l’image de cette baleine, « La planète Terre
finira-t-elle aussi étouffée par le plastique ? »

Pour poursuivre la réflexion, les élèves ont été confrontés
à deux photos : celle d’une baleine échouée, remplie de plastique, et à
celle des fonds marins, eux aussi recouverts de plastique :

Dernier moment d’échanges oraux avant de passer à l’écriture :
« Qu’évoque pour vous la sonorité du mot plastique ? »
Les élèves prirent quelques temps pour réfléchir, et très vite les idées se firent
entendre :

« Plas-tique, ça termine par tic, comme dans tic-tac. C’est
le son d’une horloge, d’un compte-à-rebours, d’une bombe prête à exploser.
– Tique c’est aussi l’insecte qui suce le sang et pompe l’énergie, comme le
plastique qui pompe l’énergie de notre Terre.
– Un tic, c’est une mauvaise habitude qu’on ne contrôle pas. Comme celle de
consommer toujours plus de plastique, de jeter, et de recommencer.
– Le début du mot me fait penser à un plateau. Car les poissons mangent le
plastique, qui de fait se retrouve sur nos plateau à la cantine ou au
restaurant. »

Après ces instants de réflexion partagée, place à l’écriture :
les élèves ont été répartis en groupes franco-luxembourgeois de 5 ou 6. Leur
mission : écrire un texte collectif sur la thématique du plastique. Récit,
poème, chanson, tous les styles étaient autorisés ! Durant une heure, les
élèves se sont activés, échangèrent leurs idées, notèrent, aidés par Anita
Gretsch et Jérémy Semet.

Puis vint le temps de la restitution. Chaque groupe passa
devant l’assemblée pour lire, entonner, déclamer son texte. Chaque création a
ensuite été analysée, pour mettre en valeur sa force ou pour suggérer des
pistes d’amélioration. Il était intéressant de voir à quel point chaque texte
était différent, tant dans le fond que sur la forme, alors que tous abordaient
la même thématique : de la fable pour éduquer les plus jeunes au rap dont
le refrain entêtant force à retenir le message, en passant par la suite de
verbes à l’infinitif mettant en lumière la boucle, le cycle infini de
consommation.

Nous vous invitons à découvrir quelques-uns des textes créés
lors de cet atelier particulier. Gageons que les messages véhiculés vous
amèneront à faire votre part, comme le colibri de la légende.

« En 2030, le plastique a chamboulé le monde, les
océans disparaissent donc les poissons évoluent et des pattes apparaissent sur
eux.
Les êtres-vivants auront deux membres en plus.
Les mus des maisons seront en plastique.
Les cigarettes vont être en plastique, on va fumer du chimique.
Le monde en plastique,
la plage en plastique,
la terre en plastique,
la mer en plastique,
les maisons en plastique,
les vêtements en plastique,
les voitures en plastique,
les bus en plastique,
les trains en plastique,
dans l’atmosphère, il y aura des morceaux de plastique,
les humains en plastique,
tout en plastique,
on boira du plastique liquide fondu,
on mangera du plastique.
Et on jour, on brulera à cause du réchauffement climatique. »

« Acheter, consommer, manger, utiliser, tuer,
recommencer.
Acheter, jouer, s’amuser, rigoler, retuer, recommencer.
Acheter, utiliser, snapper, charger, casser, recommencer.
Acheter, porter, salir, déchirer, jeter, recommencer.
Acheter, utiliser, voler, casser, gommer, recommencer.
Acheter, jeter, manger, tuer, recommencer.
Tic, tac, tic, tac… Stop au plastique, ça nous détruit ! »

« Plastique, tac, ça va vite,
Dans la mer, il y a beaucoup de plastique,
Le plastique c’est toxique,
Pour les animaux un élément fatidique,
Pour sauver la planète il faut une tac-tic.

Plastique, tac, ça va vite,
il faut sauver les bêtes,
Retenez ça dans vos têtes,
Soyons honnêtes,
Vous n’êtes pas bêtes.

Plastique, tac, ça va vite,
Avec cette pollution,
Il faut faire attention,
A la consommation,
Il faut trouver une solution.

Plastique, tac, ça va vite. »

« Le
plastique pollue,
Animaux sont en danger.
Mort est présente en mer,
Eaux polluées,
Ras-le-bol de la pollution!

Océans menacés
par les humains,
Crustacés se débattent,
Enfants en danger,
Au moins on fait notre part,
Ne rien jeter par terre. »


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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