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Publié le 6 décembre 2016 | par Labo Des Histoires

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À Aubervilliers, on fouille les albums de famille

Les premiers ateliers du parcours Photos de famille, issu du dispositif Micaco, ont commencé au collège Henri-Wallon d’Aubervilliers.

Jeudi, 8h. Claire Maugendre tend aux élèves la photo d’un homme. Il est beau, élégant. L’image semble avoir été prise il y a des décennies. Qui est-ce ? Quelques élèves tentent une réponse. Son chapeau laisse penser à un mafieux. La perfection de ses traits, à un mannequin. « Cet homme, c’est mon grand-père », avoue l’auteure de Lili Babylone devant la classe de troisième 5. « Un mineur du Nord qui a connu la faim, a été fait prisonnier pendant la seconde guerre mondiale, s’est échappé d’un camp de travail. Cette photo a été prise à Paris trois ans après son évasion. » Que s’est-il passé pendant ces trois années pour que le mineur ressemble alors à Franck Sinatra ? (voir photo)

Anouck Cape, elle, a apporté un médaillon. Dans la photo ovale, sa mère et sa tante. « J’ai retrouvé il y a quelques temps une valise de photos de famille. Moi qui ne m’étais jamais réellement définie par ces liens familiaux, je me suis retrouvée face à cette histoire dont j’étais issue. »

Toute l’année, Anouck Cape et Claire Maugendre vont utiliser le thème des photos de famille pour interroger la filiation et l’identité avec la classe de Nathalie Bernaudin, professeure de français au collège Henry-Wallon d’Aubervilliers. Les élèves sont invités à chercher dans les tiroirs ou à demander à leurs parents ou grands-parents une photo qui les raccroche à leur histoire familiale. « Photos moches, bizarres ou découpées sont acceptées », précise Anouck Cape. Photos de mariage, de classe, naissance, d’identité, les auteures encouragent les élèves à ne pas s’auto-censurer. « S’il n’existe pas de photos, apportez un objet », concède Claire Maugendre. Quelques propositions fusent dans la classe : un élève parle d’un sabre, une autre d’un châle, Mohamed, d’une dent de lion qui circulerait dans la famille.

Mas très vite se pose la difficulté de mettre la main sur ces vestiges, parfois restés dans les pays d’origine des parents des élèves. Alors les auteures les encouragent à inventer, à s’imaginer une histoire familiale. L’essentiel dans ce parcours reste l’écriture. Trente minutes, au minimum, seront réservées à chaque séance, à l’écriture de témoignage ou de fiction. « Et tout le monde va écrire ! », précise Anouck Cape. « Non seulement vous, mais aussi nous et votre professeure. » Les auteures qui travaillent actuellement sur ces questions, seront en effet, elles aussi, à l’ouvrage. Comme en résidence en plein cœur de la classe.

Les élèves mettront-ils la main sur des albums de famille qu’ils n’ont jamais connus ? Quelle vie imagineront-ils pour le grand-père de Claire ? Mohamed amènera t-il la dent de lion dans la classe ? La suite au prochain épisode.


A propos

Le Labo des histoires propose des ateliers d'écriture gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans. Journalisme, scénario, écriture créative, B.D., poésie, chanson... Venez vous initier aux techniques d'écriture, écrire, imaginer, raconter de nouveaux mondes, de nouvelles histoires, de nouvelles aventures !



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